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[CLOS] Ce qui se passe à Paris... reste à Paris. [Eva]
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Eva Castelli

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Ce qui se passe à Paris reste à Paris
Lemoine and Castelli

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« Vexiez-vous un roi ? » Pour un Enfant de la France la référence parlerait sans doute. N’ont-ils pas accepté un « Roi Soleil » ? D’ailleurs, songea ironiquement la belle, ils n’étaient pas loin de son fief ce soir-là. Le grand Versailles. Pour une Italienne le royalisme a un goût d’exotisme. Eva aime la Reine Elisabeth. Une femme d’une grande classe et avec plus de caractère que le dépeint le BBC news. La fonction cependant lui paraît inadaptée, datée.
Cernée par l’homme Castelli s’amusa. Quoi, le petit Jean a saisi un point principal de la personnalité de cette femme. En soi, elle le/la revendique aussi depuis qu’ils sont ensemble. Il y a  pour elle un droit profond à cette liberté. Une marque culturelle qui influe sa façon de travailler avec des étrangers. « Qu’est-ce qu’on recherche d’autre dans le fond ? A part d’échapper à la mort. » Remarque-t-elle paisible, malgré la teneur du propos. Eva a fait la nique à la mort plus d’une fois. Le crabe, ce fléau de la société moderne, a tenté de l’avoir. Cette saleté avait bien failli la mettre à terre. Mais, non, elle a gagné. Elle eut un sourire lointain au souvenir de ce combat individuel. « En jouissant de la vie. Le plus souvent possible ! » Lui envoyant une oeillade provocatrice. Philosophe aux heures de la nuit et surtout à Paris. Sans doute plus quand elle vient d’échapper à une décapitation certaine. Wang lui avait fait peur.  
Eva se recula. Elle apprécie un temps l’expression du flic et plaisante : « Ca doit être votre côté agent-double. Borderline. Je sais que ceux qui suivent les règles de trop prés ont tendance à l'ennuyer. » Le Norvégien aime ceux qui ont de la nuance. Les êtres qui acceptent de composer avec les codes moraux sans devenir des Bouchers. En fait, la mesure, la demie-mesure est l’une de ses attentes. Les criminels manquent parfois de prise de recule, de vision sur le long terme, enfin de compte de subtilité.
« En ce moment, je ne suis plus dans les bonnes grâces de des Espagnols et les autres. … Ils n'ont aucun savoir-vivre. Vraiment. Je vous assure. Ç'en est contrariant, même. » Lui confirma-t-elle. “La faune”, ainsi surnomme-t-elle les collègues de Londres City. Les atrocités sont-elles plus acceptable quand c’est un homme à tête de cochon qui les faits ? « Quel est votre animal totem ? Laissez-moi deviner. En fait je l’ai déjà deviné. Un vieux loup. … blanc. Ca doit être quelque-chose comme cela. » Précisa la belle, qui a toujours le souci du détail. Une formation/déformation professionnelle. C’est le détail qui permet de déterminer l’authenticité d’un objet et le talent d’un faussaire. Certains sont de véritables artistes. Castelli suit leur carrière de près. Il lui arrive même de les rencontrer, soit pour les embaucher à débusquer leur camarade, soit pour leur faire une commande. « Oh je préfère ne rien promettre par avance, quand cela concerne les sensations fortes. » Bien entendu Eva n’évoque pas un danger de mort imminente. La vie est sacrée. « Je ne voudrais pas que vous croyez que je vous ment ! »
Elle pose ses coudes sur la table. Puis son menton vient se poser sur ses mains. L’espièglerie est au coin de son regard, alors qu’elle imagine cet homme avec quelques cheveux blancs. Elle dessine un visage vieilli par les années. Une meute de neveux et de nièces, un sapin, et tout un tas de détails de catalogue autour de lui. Le tableau plait à Castelli dans son aspect décalé. « Je suis sûre que vous ferez un très joli vieux. » S’il ne se fait pas avoir par son service trop vite. L’espérance de vie d’un agent des forces de l’ordre dépasse peu la cinquantaine. Lemoine est encore là parce qu’il a été le plus malin.
Une voix éclate en fond de salle. Une deuxième suit juste derrière. C’est du Français. Il semble être question d’organes, de malversation. Le plus vif des deux attrape une bouteille dont il brise le cul sur le bord d’une table. Il beugle encore plus fort en menaçant son interlocuteur. L’effusion perturbe à peine les conversations. La porte arrière de la salle de restauration s’ouvre. Quatre hommes en uniformes entrent. Ils ont les atours des hommes de main, quoique d’infimes détails leur donne une allure princière. L’écusson collé sur la poitrine représente un loup gris dont l’oeil gauche est blanc.
L’Oeil crevé est le symbole d’une clique de l’Est. Eva les regarde passer sur leur droite. Elle croise le regard d’un grand roux. Celui-ci hausse un sourcil en identifiant l’Italienne. Ils ont un passif et l’homme se souvient très bien des trois semaines après leur altercation. La douleur surtout est bien mémorisée. Les hommes d’Eliott font sortir leurs compatriotes. « Hum. » Eva sourit tranquille. La paix est de retour. Comme si rien ne s’était passé. « Ils viennent de perdre leur place. » Elle reprend son verre. « Eliott défend une certaine élégance dans le crime. C'est une assurance qui plait à beaucoup. » La remarque taquine est renforcée d’un sourire. Rien qui n’aille avec les commandos, sans foi, sans loi, qui nettoies les zones à risque.
Dans l’interval un homme se présente à leur table. Il est grand, mince, sec, le costume gris lui va parfaitement. Les joues creusées et le regard fixe le rende un peu inquiétant. Le pied de la Castelli s'immobilise brutalement. Elle donne, un coup discret, pour attirer l’attention de Jean. « Miss Castelli. Monsieur Lemoine. Vos frasques de la soirée ont attiré notre attention. Nous aurions une proposition à vous faire.  » » Dit-il avant de tendre la main pour désigner les plats. « Terminez tranquillement votre dîner et retrouvons-nous ensuite au petit salon. Bon appétit. » Termina-t-il, en adressant un signe de tête à Jean-Baptiste.
« C’est le Majordom d’Eliott. Que de mystère. » Affirma la trafiquante en suivant l'homme en livrée des yeux. Elle se dit alors que cette improvisation est une bonne idée. « J'espère que tout ce mystère ne vous fait pas trop peur Jean ? Vous l'attirez ! » Ceci dit qu'est-ce que ce cher Nordiste peut bien leur vouloir ? Eva reprit une gorgée de son vin toute à une fable dont elle a le secret.

Eva Castelli
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18th Mars 2019, 23:08
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Jean-Baptiste Lemoine
Ce qui se passe à Paris... reste à Paris.
- Oh, non... je l'emmènerai directement sur la place de la guillotine. Fit alors un Jean-Baptiste presque tout sourire. Ce n'était pas ce français qui était royaliste, bien au contraire... il en était tout l'opposé. Les têtes couronnées très peu pour lui. Le respect dû à ces vieilles traditions il leur crachait dessus. Parce qu'une chose était certaines, ses origines prouvaient clairement que ses ancêtres n'avaient pas été épargné par les plus riches, au contraire... fils de famille moyenne, montagnards, à l'époque des monarques, ils en avaient très certainement bavés. Alors les rois et lui...

- Tout dépend des goûts de chacun.

Il ne revenait pas sur ses paroles sur la Mort, puisqu'il côtoyait la Grande Faucheuse plus que de nécessaire dans son boulot, il ne pensait pas qu'il tentait de lui échapper. Il jouait sans doute au jeu du chat et de la souris, tout en sachant pertinemment qu'il finirait par perdre, et que quatre planches l'attendaient, comme tout un chacun. Ce n'était plus vraiment quelque chose qui lui faisait peur.

- Mourir avec des regrets serait bien triste en effet.

Ils étaient d'accord sur le fond, pourquoi s'empêcher de vivre comme ils en avaient envie? Après ils le faisaient chacun à leur façon, mais c'était pour arriver au même résultat.

Ce qui étonnait le plus Lemoine, c'était le fait que cet homme dont ils parlaient, il n'en avait jamais entendu parler avant et qu'il semblait être au courant de beaucoup de chose le concernant. Enfin, aux dire de Castelli bien entendu, mais c'était presque inquiétant. Il espérait ne pas s'être fourré dans un guêpier dont il aurait du mal à sortir. Ce double-jeu dont elle parlait, le rendait on ne peut plus paranoïaque et méfiant. Il savait qu'il faisait tout pour être discret, mais si quelqu'un d'inconnu pouvait lui sortir son pedigree, il savait qu'il y avait de quoi s'inquiéter. Surtout sans connaître les forces adverses, cet Eliott avait intérêt à devenir un allié...

- A vous entendre, il a l'air bien renseigné. Gardant son regard posé sur sa vis-à-vis, il se demandait si cette dernière avait pu balancer des informations sur sa personne depuis qu'ils étaient ici.

Oh ne pas être dans les bonnes grâces des truands de Londres, pourquoi cela ne l'étonnait pas? Non pas de la part d'Eva, mais bien de ceux avec qui elle avait pu traiter. Tout ce qu'elle lui disait, il ne pouvait que le confirmer. Un fin sourire, presque amusé cette fois-ci, marqua quelques secondes ses traits, alors que les glaçons tournaient lentement dans l'alcool où ils trempaient.

- C'est un tableau que je connais bien oui. Ce ne sont pas des gens fait pour les compromis et autres deals... les truands ne sont jamais dignes de confiance.

JB se méfiait comme de la peste d'une grande partie de cette faune urbaine. Eux aussi d'ailleurs. Donnant-donnant comme on dit. Un sourcil se haussa de nouveau à sa question. Qu'est-ce que les totems pouvaient bien venir faire dans l'histoire? Surtout que ce n'était pas vraiment quelque chose à laquelle il avait pris le temps de penser. Déjà parce qu'il s'en foutait. Ensuite parce que... ouais non il s'en foutait un peu. Il laissa donc le plaisir à son interlocutrice de lui en trouver un. Le loup... ce n'était pas si faux. Lui qui venait des Pyrénées, du pays du loup, cela pouvait lui correspondre. Même s'il avait plus souvent des airs de vieux matou que réellement de canidé mais...

- Je n'y ai jamais réellement réfléchi. Mais peut-être avez-vous raison. Vous tentez de me trouver un côté plus sympathique? Ou c'est parce que je joue au chien de garde, que le loup vous vient spontanément à l'esprit? Le flic discutait, il n'y avait rien d'agressif dans ses questions, plutôt une sorte de vraie curiosité de connaître le mode de pensée de celle dont il devait protéger la vie. Encore plus maintenant qu'il savait les menaces qui pesaient sur sa tête et qui se trouvait sur le même territoire, dans la même ville qu'eux. Vous avez un lien particulier avec les animaux totems? Taquina-t-il un peu. Lequel vous correspond?

Ils revenaient à un sujet plus sérieux. Parce qu'il était finalement important qu'ils posent les bases de leur relation pour la suite du séjour, sinon ils ne s'en sortiraient jamais.

- J'ai bien compris que je ne pouvais pas vous le faire promettre, mais au moins d'y faire attention, ce sera toujours ça de prit. Je ne vous empêcherais pas d'aller faire du saut à l'élastique si le cœur vous en dit, par contre, je serai sans doute un mur pour vous laisser aller marchander avec vos ennemis. Pour donner une idée de la limite des sensations fortes qu'il pouvait accepter. Avant qu'un petit rire ne passe ses lèvres et qu'il ne secoue la tête. Si j'arrive un jour à cet âge déjà.

JB n'était pas dupe, il connaissait son métier, ses risques. Il partait tous les matins avec en tête qu'il pouvait parfaitement ne pas revenir, parce qu'une balle ou allez savoir quoi, l'aura mis au tapis. Quelque part, il ne cherchait pas d'autres morts que celle-ci. Et c'était sans doute ce qui était écrit en petit caractère en bas de son contrat de vie.

Les bruits de l'altercation vinrent jusqu'à eux, automatiquement, le garde-du-corps était déjà debout, une main vers le holster de son arme, prêt à la sortir si la situation l'exigeait. Mais le service d'ordre fit rapidement ce pourquoi il était payé et les convives bruyants se retrouvèrent à la porte plus rapidement qu'un claquement de doigt. Impressionnant. Le français s'installait à nouveau à sa place.

- Des truands qui ont un sens de l'honneur et de l'ordre, c'est rare pour être noté.

Il ne voyait pas trop comment décrire autrement leur hôte. Sans doute une sorte de ponte de la mafia ou quelque chose du genre. Alors qu'il allait attaquer son plat, la présence indésirée d'un autre inconnu se fit sentir et le visage de notre homme se ferma quelque peu, prêt à l'envoyer sur les roses, avant d'apprendre qu'ils étaient attendus. Encore? Il observa le type s'éloigner, avant que la voix de l'italienne ne le fasse revenir à elle.

- Je ne prends pas peur pour si peu, mais je suis méfiant... d'une honnêteté sans faille, mais n'avaient-ils pas dit qu'ils devaient apprendre à se faire un peu confiance et que cela passait par le fait de se dire les choses? Peut-on vraiment lui faire confiance?

Après tout... c'était elle qui les avait menés ici. Il espérait juste que ce ne serait pas à nouveau un coup comme au Louvre. En attendant, il piquait dans les légumes pour goûter ce fameux plat. Dès la première bouchée, JB compris qu'il aurait affaire à un repas royal... pour le coup.

*En français dans le texte
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Eva Castelli

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Lemoine and Castelli

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Lorsqu'on se retrouve dans la Maison du Nordique c'est assurément que l'on est capable d'assassiner son roi. Ni Dieu. Ni Maître. En réalité la liberté fait peur à beaucoup de gens. Sans personne pour protéger vos arrières et pardonner les offenses. Les plus faibles sont fous ou le devienne. Mais les êtres sans allégeance comme le sont Eva et Jean-Baptiste sont des maux nécessaires à l'organisation et au maintient d'un ordre. Après avoir eu une vision d'un monde apocalyptique la négociatrice se conforte dans son rôle. Sans elle, non plus certains crimes demeureraient impunis. Tous ces objets qu'elle fait transiter seraient oubliés ou détruits. Le Monde a pourtant besoin de sa mémoire.
« Il est. Il n'a pas besoin de moi pour ça. » En fait Eliott n'a pas semblé étonné de l'appel de son amie plus tôt dans la soirée. Il savait peut-être déjà qu'ils étaient ici. Castelli n'aurait pas été étonnée d'apprendre que l'équipe de ce ripoux est déjà dans le collimateur du Norvégien. Il a également des affaires sur Londres City. Le fief du Inspecteur et de ses hommes. Eva sourit. Jean-Baptiste n'a pas a parler pour exprimer une suspicion. Elle se lit dans ses traits paranoïaques. « Quand bien même... Je ne suis pas une balance Lemoine. » Lui asséna-t-elle donc comme on rappelle à un enfant de s'essuyer les mains après avoir été au toilette. Castelli est un nom Italien. Chez les Italiens le code d'honneur n'est pas une légende. Léo Castelli était un homme d'honneur. Sa fille en était le reflet le plus digne. Les informations monnayées à prix d'or concernaient les ennemis. Les amis étaient protégés. En tous les cas ils le sont dans cette réalité ci. « D'autant plus que vous êtes ici pour me protéger. J'ai tout intérêt à ce que l'on ne vous connaisse pas. » Dernier paramètre, quoiqu'il compte aux yeux de la blonde, un agent dépêché par Noa. Aller mettre en danger un homme de De Santis eu été stupide. Presque aussi stupide que de contrarier Eliott. Eva peut être beaucoup de choses. Mais généralement elle est loin d'être idiote. « Pourquoi, aller prendre le risque de contrarier De Santis, alors que je peux vous poser les questions directement. » La méthode préférée de la dame. Pour appâter il vaut mieux du miel que du citron. Un soldat comme Jean le comprend très bien.
C'est aussi ce qui lui fait dire que Londres est un ramassis de mauvaise herbe. Il y a là-bas que des vauriens. Eva s'est retrouvée dans une situation épineuse parce qu'elle n'a pas voulu être un vaurien. Il lui suffit de changer son fusil d'épaule. « Non. » Tout à coup le regard de la trafiquante se fige. « Vous qui les connaissez bien vous pourriez m'aider. A comprendre ce qui s'est passé pendant ma dernière opération dans cette ville. » Dés le départ elle a laissé sous-entendre que les affaires pourraient existé à l'avenir. Ce dîner en tête à tête offre une occasion. « Le prolongement de votre contrat actuel. Sauf que cette fois je suis votre payeur. » La Marraine du Crime ne devrait pas s'y opposer. Tant que les affaires de l'une ne parasitent pas celles de l'autre, elles partagent. C'est un véritable échange de bon procédé qui se fait tant sur le plan professionnel que privé d'ailleurs. « Comme cela nous serons amenés à nous retrouver. Une bonne nouvelle, non ? » Une taquinerie facile et néanmoins efficace.
L'amatrice d'Art inclina alors lentement la tête sur le côté. Les topazes brillant sous l'éclat d'une malice. « Il y a sans doute un peu des deux. Plus de l'un que de l'autre. » Lui concéda-t-elle. Ce sans trop d'effort. Lemoine disait vrai. « Disons qu'à force d'étudier les cultures aborigènes on se met à voir le monde sous un angle différent. Savez-vous ce que symbolise le loup pour les Amérindiens Jean ? » Les versions de cet animal en particulier sont un certain nombre. Castelli a une légende spécifique à l'esprit. Mais peut-être cet homme la connaît-il ? Il lui rend sa question. C'est bien normal en enquêteur de formation. Eva prend un temps de réflexion. Elle lui sourit. Il est toujours plus aisé de voir les autres que sois-même. « On m'a associée à tous les genres. » Caméléon alors ? Castelli ne se cache pas. Son art du double-jeu fait d'elle un mystère. Prête à caresser la main d'un ennemi pour mieux l'endormir. Tant qu'à mordre la jugulaire de celui qui la trahie. « Vous diriez quoi Jean ? Plutôt la mante-religieuse ou la lionne ? » Bon, elle choisi une comparaison complexe. Un peu tricheuse, comme elle l'est quand elle est en confiance.
« Et vous m'accompagneriez ? Pour un saut à l'élastique ? J'ai déjà testé. Mais je suis prête à le refaire. » Une répartie qui sous ses couverts léger fit une semi diversion. Castelli est souvent sincère quand elle parle de ses envies. Alors l'idée de voir le Français piquer du nez, au sens propre, a le don de l'amuser. Il a bien saisi que c'est l'un de ses credos. « Oh ça. Ça dépend en grande partie de vos choix. Tout comme ma survie dépendant des miens. Nous vivons à une époque dangereuse. »
« Je me doutais que vous alliez dire oui. » Déclara la belle en croquant dans sa nourriture. Elle mâcha lentement et ingurgita. Puis elle reprit. « Je vous ai dit que nous sommes du même côté Jean. » Il lui faut le repréciser chaque fois. Ça ne lui fait rien. Dans quelques jours sans aucun doute finira-t-il par voir les choses sous un autre angle. Elle secoua la tête dans un rire délicat. « Mmm. En dehors de vos hommes... Faites vous confiance à qui que ce soi ? » Lui rétorqua Castelli avec malice.
L'écho de sa propre voie se répercuta dans son esprit. Les flashs du rêve paradoxal assaillirent alors la négociante. Son sourire s'effaça lentement. Un frisson lui contracta l'épine dorsale. Sa pupille renvoya une lumière un peu plus sombre. « Eliott sera toujours plus fiable que d'autres. » Elle cligne des yeux, une pensée la perturbe. Puis elle secoue la tête et retrouve ses sens. « Croyez-moi Jean... vous êtes entourés de gens censés. Eliott n'aime pas la violence. Il aime encore moins se faire des ennemis inutiilement. » Lui assura-t-elle de nouveau bien présente. « Une denrée rare comme vous l'avez dit. Goûter de ce vin. » Histoire de se détendre un peu plus encore. « Il a un petit air de Sicile. Vous ne trouvez pas ? » Lemoine connaissait-il cette île ? Lui qui est la main sale des mafieux de laMéditerranée.

Eva Castelli
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18th Mars 2019, 23:23
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Jean-Baptiste Lemoine
Ce qui se passe à Paris... reste à Paris.
Ce n'était pas plus rassurant que cela, de savoir qu'un mec pouvait être au courant de beaucoup de chose. Surtout s'il n'avait pas été mis au courant par celle dont il assurait la sécurité. Jean-Baptiste n'était pas idiot pour autant, il savait que certains pouvaient avoir le bras long, des oreilles et des yeux un peu partout. C'était bien pour cela qu'il pouvait trouver cela peu rassurant. Surtout quand les moyens permettaient de tout savoir, même les plus secrets les mieux gardés. Il était donc impératif de se faire un ami de cet homme, plutôt qu'un ennemi. Allez savoir ce qu'il pourrait faire de toutes ses informations. Notre inspecteur n'avait guère envie de passer le reste de ses jours derrière des barreaux. Il devait continuer à savoir mettre le poing dans sa poche quand c'était nécessaire et sourire.

- Je l'espère pour vous. Dans ce milieu, rien de pire que d'être vu ainsi.

Heureusement, notre homme n'avait pas le code de conduite des truands. Les balances pouvaient lui être extrêmement utiles, enfin, tant que ce n'était pas contre lui, bien entendu. Mais il n'irait pas jusqu'à faire taire définitivement quelqu'un, pour éviter d'avoir des ennuis. Il y avait toujours des moyens autres pour s'en sortir. Même s'il avait du sang sur les mains, et depuis bien longtemps, il n'était pas non plus du genre à apprécier d'en arriver à cet extrême.

- En effet.

Au moins, Castelli lui démontrait qu'ils allaient dans le même sens. Peut-être qu'il apprendrait à se détendre un peu plus et lui faire confiance. Mais il était encore trop tôt pour cela. Il fallait le temps de l'apprivoiser ce vieux loup. Surtout quand il était en mode boulot, encore plus quand il se retrouvait de l'autre côté de la ligne. S'il était encore là aujourd'hui, c'était bien parce qu'il faisait extrêmement attention et que sa garde n'était que très rarement baissée.

Elle voulait comprendre ce qui lui était arrivé. Sans doute qu'elle s'était fait doublée d'une manière ou d'une autre. Ce ne devait pas être très compliqué à trouver et prouver. Il se demandait pourquoi elle le lui demandait à lui?

- De Santis sera sans doute plus à même de vous aider dans cette démarche, non? Elle avait plus de contact et de moyen de trouver les coupables que lui. Surtout dans ce milieu. Enfin, il faudrait d'abord qu'il sache ce qui avait bien pu se passer. Que s'est-il passé? Oui, n'oublions jamais que notre homme était curieux. Mmm.... il y a d'autres moyens pour se croiser, si c'est me voir qui vous intéresse en premier lieu.... bon même s'il n'en pensait vraiment rien en fait. Bonne nouvelle ou pas, tant qu'elle payait... mais il pouvait bien lui mettre un peu le doute.

- Pour éviter que je ne me vexe trop vite, je ne vous demanderai pas quel pourcentage va à l'un et l'autre. Avec un léger sourire, tandis qu'il continuait de manger. Secouant alors légèrement la tête. Aucune idée, mais j'imagine que vous allez pouvoir m'éclairer là-dessus. Il coupait son poisson. Pourquoi ne suis-je pas étonné? Relevant alors les yeux sur elle, pour l'observer un instant. La différence entre les deux animaux était assez marquante. Peut-être plus raton-laveur. Après tout, ils étaient reconnus comme étant d'excellent voleur non? N'était-elle pas un peu de cette graine? Et au moins, il se mouillait moins.

Lui faire du saut à l'élastique... ce n'était pas demain la veille! Il eut un petit mouvement de la tête, négatif, avec son sourire en coin, tandis qu'il reprenait son repas.

- Je vous accompagnerai seulement jusqu'au lieu du saut, mais je vous laisserai avoir vos sensations fortes, seule. On ne lui avait jamais demandé d'être un gentleman. Ce n'était pas ce qu'il était non plus. Et son boulot ne consistait pas à se mettre en danger pour le plaisir de se mettre en danger. Il n'avait pas non plus besoin de sensation forte, il en avait suffisamment lors de son job. Bien entendu, voilà pourquoi, aussi, je ne rajouterai pas un moyen de me casser la tête sur la liste.

Du même côté... pas vraiment. Dans le même bateau, assurément. Mais il préféra ne pas préciser. Il la laissait le croire si elle le souhaitait. Ils savaient tous deux, que mieux valait qu'ils ne se retrouvent pas à se monter l'un contre l'autre ou la suite du séjour serait bien compliqué. Mais oui, elle pourrait continuer à lui assurer qu'ils étaient du même bord tous les deux. Peut-être qu'un jour, il y croirait.

- Pas vraiment, non.

Ce qui était loin d'être un mensonge. Si JB était capable de mettre sa vie entre les mains de Rylee, Marlon et Zac, ce n'était pas le cas avec les autres. Mais ce qui liait cette équipe, était plus fort que tout. Et personne n'avait réussi à atteindre ce degré de confiance. Voilà pourquoi il restait le plus souvent ce vieux loup solitaire qu'elle avait repéré. Sa meute et c'était tout.

- Sans vouloir remettre votre parole en doute, Eva, je pense quand même que ces gens censés dont vous parlez, ne le sont pas tous. Il avait du mal à avoir entière confiance, entouré de truands. Qu'importe qu'ils aient un code d'honneur ou pas. Mais je peux essayer de... vous croire. Il fallait bien que Lemoine fasse aussi des efforts et il se retrouvait dans leur monde alors... autant faire profil bas.

Sa main venait se fermer sur le pied du verre à vin, pour le porter à ses lèvres. Puisqu'il fallait goûter. Il n'oubliait pourtant pas qu'il était encore en service, malgré ce que pouvait dire son interlocutrice et par conséquent, il ferait attention, mais un verre n'avait jamais tué personne.

- Si vous le dites, vous connaissez bien ce pays? Eva avait un nom à consonance italienne, mais cela ne voulait pas dire qu'elle connaissait l'île d'où provenait la Dona. Quoique... Mais vous avez raison, ce vin est excellent. Les italiens étaient connus pour être des rois en ce qui concernait la bouffe et la boisson.

*En français dans le texte
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Eva Castelli

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La loyauté est une valeur compliquée à défendre dans le milieu du Crime. Ceux sont les trahisons des subalternes qui font souvent le plus de mal. Un comptable vexé. Un homme de main en colère. Un partenaire bafoué devant ses camarades. Le petit grain de sable malicieux peut alors avoir la capacité de stopper la machine. Castelli observe, depuis des années, les chefs de mafias tenir leurs acolytes par le miel et le fer. Elle sait que beaucoup ont vaciller à des moments. Qu'il s'en était fallu de peu pour que leur empire vacille avec eux. Sous le coup, d'une loi, ou d'un adversaire retord. Le pouvoir est fragile en vérité.
Aussi s'est-elle abstenue d'entrer dans l'une d'entre elles. « Comme dans le vôtre, non ? » L'Italienne ne donne pas cher, de la peau d'un traître, parmi les uniformes. Ils savent tous ce qui arrive. En réalité chacun des camps s'occupe de ses traîtres avec un zèle... équivalant. Ils sont semblables. Elle n'arrête pas de le dire.
Jean, qui joue perpétuellement sur la ligne devait sentir le picotement du danger plus d'une fois. Ce danger constant était-il une source de plaisir ou d'excitation pour ces éléments rebelles ? Castelli se le demande. Comme elle se demande quelles sont les limites d'une équipe qui fait d'ors et déjà fit de tout le cadre législatif ? Noa a-t-elle déjà commandité un assassinat à Lemoine ? Même s'il n'est pas un « Reed » il a probablement déjà mis des hommes au cimetière. Comment vivait-on avec la mort d'un être humain sur la conscience ? Une autre question que la belle a envie de poser. Mais il était encore un peu trop tôt pour obtenir une véritable confidence. Mais, plus tard...
« Oui. » Approuve alors Castelli. Le raisonnement de l'inspecteur ténébreux est logique. Elle ne peut aller contre. « Seulement, je ne veux pas impliquer Noa dans une enquête de ce genre. » La Sicilienne veille sur Eva et réciproquement. Ce n'est pas de la même façon. Ce n'est pas non plus sur les mêmes sujets. Mais c'est d'égal à égal. Elles protègent. D'ailleurs, leur relation dure aussi parce qu'elles sont en mesure de la préserver au milieu de tout le reste. Rien n'est évident. Plus d'une fois Castelli aurait obtenu des choses plus facilement, plus vite, en faisant appel à son amante. « Si les De Santis commencent à intervenir sur des territoires extérieurs cela va leur porter préjudice. Je suis certaine que vous comprenez ces stupides histoires d'autorités ? » Lui indique-t-elle.
Il y a peut-être une histoire comme celle-ci derrière son souci londonien. Il est probable qu'Eva est agacé un Anglais ou un Irlandais bien placés. Après tout elle n'est pas avare de provocations envers le genre masculin. « Oh c'est assez simple en fait. J'avais rendez-vous avec l'un des hommes de Markov. » Eva pense qu'il n'est pas utile de préciser à JB qui est Stanislav Markov. Le jeune chef de la mafia Russe a une renommée internationale. Interpole lui courre après, comme le MI5. La blonde ne serait pas étonnée, qu'il ait une chambre à l'Hôtel de Paris qui lui soit réservée sur l'année. Eliott fait ce genre d'effort pour les Hors la Loi les plus respectueux. « La police est arrivée juste avant le début de l'opération. » Résume-t-elle. L'empressement de l'escouade d'intervention a aidé Eva. Elle n'avait pas eu le temps de tordre les lois et les traités internationaux devant témoins. Dommage. Le tableau qu'elle était venue chercher ce soir-là était un véritable trésor. Une perle, parmi les perles, comme disait son artiste de mère. Malheureusement, cette échauffourée avait refroidi le Slave. Il ne voulait pas faire une seconde tentative. Castelli a donc perdu gros. En plus elle est inquiète. « Quelqu'un nous a dénoncé. Si je vous donne les noms des membres du rendez-vous… vous pourriez chercher ? »
C'est donc plus agréable d'envisager le futur proche sous des auspices plus... positives. Jean en se montrant plus ouvert, offre une charmante fenêtre de possibles. Des possibles dont ils parleront bien plus tard. « Un rendez-vous en dehors du champ professionnel ? » Demande Eva d'une voix qui sous-entend clairement qu'elle ne s'y attend pas. Peut-être aussi qu'elle n'y croit pas beaucoup. La faute à la réserve que montre l'homme depuis le départ de Londres. Il n'arrête pas de remettre le cadre. Dès que l'Italienne fait une approche un peu plus subtile, ou personnelle, il la regarde avec... de la méfiance. « Je suis curieuse de découvrir l'homme sous l'uniforme, oui. » Confirme-t-elle en se penchant en avant pour échanger un regard taquin. « Au cas où tous mes messages depuis hier ne sont pas clairs. » Enfonçant le cloud volontairement.
Eva Castelli a tendance à donner au mot « impossible » un sens relatif. Beaucoup des ventes qu'elle fait sont réputées « impossibles ». Pourtant elle les fait. Être une femme dans le milieu des enchères est dit « impossible » alors que la voilà à faire des affaires. Amadouer un loup solitaire c'est souvent dit... impossible. Pourtant Lemoine tangue entre la réserve et la décontraction. Il s'ouvre et se renferme. Il est comme les nénuphares. Par exemple là, il joue bien au jeu de l'anamorphoses. Sans faire de commentaire sur la futilité du sujet. Ou l'inutilité de ce genre d'information pour la mission de protection. « Parce que vous êtes un futé Jean. Voilà pourquoi. C'est aussi pour ça que vous êtes là ce soir. » Le beau restaurant parisien, à escorter l'une des négociatrice de l'ombre les plus talentueuses à l'international. Oui. Si Monsieur Lemoine recherche un bon profit il se trouve à la bonne place pour l'instant.
« Le chapardeur par excellence. C'est... bien vu. Joli, Jean. » Le rire de l'Italienne est alors franc et vif.
Le Français sceptique ne dérange pas la femme d'affaire. Heureusement que tout le monde n'est pas facile à convaincre. Cela ôterait tout le charme. La négociation fait partie des plaisirs de Castelli. Dire qu'elle est rodée n'est pas une sinécure. Combien d'esprits réfractaires amadoués au fil des ans ? Toutes ces personnes qui disent « non » et finissent par dire « oui ». « Hum. Ce sera suffisant. Pour cette fois. » Ce qui sonne avec une dérision dont la source est mystérieuse. Quand, comme Eva on aime jouer, on devient douée, pour anticiper les coups suivant. Lorsque la partition est lisible, on sait comment placer le pion pour obtenir... ce que l'on veut. Si elle en avait eu envie, cette Italienne aurait pu négocier des produits autrement plus intéressants financièrement parlant. Entrer dans la mafia Italienne et faire un commerce d'un autre genre. Devenir une femme d'affaire comme l'est Noa. Mais cela ne l'attire pas du tout. Elle aime beaucoup trop la liberté que lui confère son mode de vie actuel.
« Sans vouloir remettre ma parole en doute. Mais en le faisant quand même ? Hum ? Vous vous dites que je ne suis pas assez méfiante. Je le sais. Mais peut-être est-ce vous qui l'êtes trop. Pour que la confiance soit présente il faut être capable de la donner. … Au moins en apparence... » Rétorqua la blonde avec malice. La rhétorique est l'un de ses outils de choix. « Oui. Faites Jean. Essayez. Je crois que je suis dans ce milieu depuis assez longtemps pour pouvoir m'avancer sans trop me tromper. Cela me fera plaisir que vous essayez. » Souffle-t-elle. Elle fit un clin d'oeil joueur.
Le vin est charpenté. Il a un parfum prononcé. Il remémore une cuvée qu'Eva a déjà goûté. Elle en recherche le nom quand son interlocuteur pose une question. « La Sicile ? Oh oui. Assez bien. J'y vais au moins une fois l'an. » C'est une île qu'elle aime depuis qu'elle est enfant. Son père, Léo, les emmenait pendant l'été faire un séjour à Palerme où il avait des amis. « Et vous ? » Même en travaillant pour De Santis on peut ne pas poser un pied sur cette terre de toute sa vie. Noa est très -très- protectrice de son fief. Les employés qui l'ont approché doivent se compter sur les doigts d'une main. Eva, pourtant l'une des proches de la Sicilienne, a d'abord été invitée à venir par Giulia la sœur cadette. Une anecdote qu’Eva rappelle parfois à sa splendide complice. A présent, il lui arrive aussi d’être l’invitée du vigneron Ezio. De loin le plus sensible à l’Art de cette famille.  « Je connais mieux l'Italie. Florence et Bologne. » Bologne là où une bande de psychiatres dépassés ont envoyé sa mère. Pour l'éloigner du « monde » et apaiser ses sens avaient-ils dit. Cependant la folie implantée chez la mère d'Eva ne peut se soigner par une cure. Il n'y a pas de remède. Eux ce sont fait une raison avec le temps. Le corps médical, lui, n'en finit pas de proposer des alternatives. Ils font de cette peintre meurtrie un cobaye. « Ceux sont de très beaux endroits. Vous devriez passer un jour. » De nouveau ces yeux bleus et cet air... d'on ne sait quoi exactement. Mais dont on soupçonne chaque fois l'espièglerie féline.

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Jean-Baptiste Lemoine
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Vrai que chez les flics, ce n'était pas plus rose à ce niveau, ceux qui étaient considérés comme des traîtres, pouvaient avoir droit à vivre un enfer. Mais de ses souvenirs, il ne se rappelait pas que des flics l'aient payé de leurs vies... contrairement au monde dans lequel évoluait Castelli. De ce côté de la barrière, personne ne se posait ce genre de question morale. L'important, c'était la protection des affaires, quelle qu'elles soient et le profit, bien évidement.

- Comme partout sans doute. Mais les conséquences ne sont pas les mêmes.

Pour bien faire comprendre que non, au sein de la police, on ne se tirait pas une balle entre les deux yeux pour régler les problèmes. Pas eux en tous les cas. Depuis qu'il portait le badge, JB avait moins eu à utiliser son arme mortellement que quand il se trouvait au sein de l'armée française. Son entraînement de sniper lui avait appris, de toutes les façons, à se détacher de ses cibles. C'était resté, même dans ce nouveau travail. Et puis, pourquoi avoir de la compassion pour un type qui n'aurait pas hésité à tirer à son tour pour se protéger? Il n'exécutait pourtant personne, encore moins sous contrat, ce n'était plus son travail depuis longtemps. Il préférait quand même protéger, plutôt que de semer la mort. Même s'il pouvait jouer sur la ligne jaune, ce n'était pas pour autant qu'il aimait cela.

Les paroles de son interlocutrice ne manquèrent pas de le faire sourire un instant. Elle lui démontrait ainsi qu'elle n'était pas vraiment du genre à vouloir appartenir à un clan, même si elle était proche de De Santis. Un petit mouvement de la tête marquait son accord.

- Je le comprends tout à fait. Mais montrer que vous êtes protégée par ce genre de personnage, vous permettrait d'avoir la vie un peu plus facile.

Même si notre homme pouvait aussi parfaitement comprendre que cette femme voulait garder farouchement son indépendance, même vis-à-vis de la Dona. Ce qu'il ne voyait pas comme un excès de confiance non plus. Il se doutait, aussi, que même si elle ne le disait pas, Noa de Santis devait faire en sorte que cette appréciatrice de l'art, soit toujours sous couvert d'une protection, même infime. Juste de quoi être au courant de ce qui arrivait, si un jour, c'était quelque chose de grave qui se passait. Pas de doute, que ce qu'il s'était passé au Louvre, arriverait à ses oreilles le lendemain. Mais elle respectait cet accord tacite de ne pas se mêler de ses affaires, comme elle lui demandait de ne pas le faire avec les siennes.

Lemoine n'était pas plus étonné que cela d'apprendre qu'Eva faisait des affaires avec toutes les mafias représentées à Londres. Les russes n'étaient pas nouveaux, mais leur chef oui, Markov s'implantait petit à petit. Il tentait de prendre sa place de chef de la famille. Avec, sans aucun doute, quelques difficultés. Les Slaves étaient les moins tendres, surtout entre eux. Le français s'efforçait de garder un bon contact, en tous les cas, un respect mutuel, pour ne pas risquer de finir avec la tête tranchée et quelques autres membres en moins, s'il commençait à devenir gênant pour eux.

- Estimez-vous heureuse que les collègues soient arrivés avant l'opération, vous auriez fini à l'ombre sinon. Tout en mâchant tranquillement. C'était d'ailleurs étrange qu'ils n'aient pas plus attendu pour prendre tout le monde la main dans le sac. Peut-être était-ce une sorte de mise en garde lancée par ceux qui avaient joués aux balances. Je verrai ce que je peux faire oui. Il ferait tourner le message dans le département et enverrait sans doute l'un des membres de son équipe se renseigner sur le terrain. Que ce soit Rylee, Junior ou Marlon, ils avaient ce don pour faire parler la rue.

Bien entendu, il avait tendu la perche, son interlocutrice l'attrapait au vol avec grâce. Il ne s'attendait pas à moins de sa part. Qu'elle ne le croit pas aveugle, notre homme avait bien entendu, compris tous les sous-entendus de la dame et ses invitations cachées. Il n'y résistait pas pour le plaisir de la faire tourner en bourrique, mais bien parce qu'il ne mélangeait pas professionnel et privé, encore moins dans ce genre de contexte. On pouvait parfaitement le traiter de paranoïaque, mais il estimait que le danger pouvait venir de partout et il ne laisserait pas sa garde se baisser, pour les beaux yeux de cette femme. Elle jouait le jeu, il finirait réellement par l'apprécier, elle et son esprit.

- Vous avez raison... ce serait trop compliqué, avec nos emplois du temps. Il taquinait, à moitié. Ils étaient tous les deux des gens réellement occupés et JB n'était pas homme à vouloir passer son temps libre avec des représentants du crime, personnes qu'il côtoyait déjà à longueur de journée. Reprenant son verre, il le portait à ses lèvres avec un air amusé, tandis qu'elle lui faisait bien comprendre qu'elle avait un intérêt plus personnel le concernant. J'avais cru le comprendre, oui. Malgré toute votre... subtilité. Subtilité d'un char d'assaut, aurait-il pu rajouter. Mais elle devait le savoir, n'est-ce pas? Lui n'était pas aveugle, juste prudent.

Ça, oui, il le savait, que la sicilienne était satisfaite de son travail. Il ne rebondirait donc pas sur les paroles d'Eva, terminant son plat plutôt, avant de voir qu'il avait fait mouche, le rire de son vis-à-vis ne trompait pas et tant mieux. Il montrait aussi, qu'il pouvait être un peu plus détendu, même si tous ses sens restaient en alerte. Elle pouvait le trouver méfiant, c'était cela qui faisait qu'il était encore en train de respirer à cette table aujourd'hui. Il ne relâchait réellement la pression, qu'en étant sur Mojo.

- Remarquez que je mange à la même table que vous et donne l'impression d'avoir une conversation, non? Fit-il avec la même rhétorique. Bien sûr que je suis méfiant, vous le seriez tout autant si vous étiez à ma place... il ne donnerait vraiment pas cher de sa peau, si certains ici, apprenaient qui, il pouvait réellement être. Un flic, ripou ou non, était le plus souvent mal vu. Mmm.... nous verrons, donc.

De toutes les façons, ce vieux loup ne donnait pas sa confiance ainsi. Qui, réellement, autour de lui l'avait complétement? Mis à part son équipe? Peu de personne à vrai dire. Même à sa famille, il ne pouvait pas parler de tout. Une vraie vie de solitaire, qu'il avait choisi et qui ne le pesait pas autant qu'on pouvait le croire. Ils partaient à nouveau sur un sujet moins... personnel, ce qui n'était pas plus mal.

- Pas vraiment non. Terminant alors pour de bon son plat, les couverts étaient laissés sur l'assiette et elle disparaissait presque à la vitesse de l'éclair. Le personnel était réellement au taquet dans le coin. Signe d'un restaurant de haute gamme, encore une fois. Le vin tournait lentement dans le verre, tandis qu'il écoutait son interlocutrice. J'en prends note, quand j'aurai droit à quelques vacances. Avec un petit sourire en coin, alors qu'on posait devant lui un digestif, qu'il n'avait pas plus commandé que l'apéritif en début de repas. Il haussa alors légèrement un sourcil. Votre.... ami chercherait-il à me saouler pour me détendre?

L'inspecteur n'aimait guère boire quand il était en service et quoi qu'on en dise, même s'ils pouvaient être sous la protection d'un grand manitou du crime dans cet hôtel, ça ne l'empêchait pas d'estimer qu'il devait, encore et toujours, faire son job. C'était ainsi qu'il avait été programmé et les vieilles habitudes ne disparaissaient pas aussi facilement.

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Le pied d’Eva bat la mesure du morceau de piano qui berce la salle de restauration. Il s’arrête pendant un court instant. Quand la remarque de Jean-Baptiste suspend la rêverie interne. Une vie plus facile… La belle adressa un sourire à ce loup. Un sourire tranquille. « Ce n’est pas qu’une question d’indépendance. C’est une question d'équilibre et de pouvoir. Tant que je suis sans bannière je ne suis l’ennemie de personne. » Certains diront l’ennemie de tous. Peut-être. Plus jeune elle a dévoré des coeurs fétides. Tentée de devenir une vipère. Elle a trouvé un salut dans la chaleur des corps. L’expression de l’Amour dans les oeuvres d’Art. Sa colère, sa rage, sa misandrie, se sont transformées en forces sous-jacentes plutôt qu’en volcan destructeurs. Si Castelli a aujourd’hui une affaire florissante, une réputation, un petit empire, c’est uniquement grâce à elle.
« J’ai une bonne étoile. » Affirme, néanmoins l’Italienne avec son petit humour. Une petite étoile temporaire. Une jolie blonde qui l’a tirée de ce mauvais pas. Véridique. Cette fois-ci même Jess’ avait grondé en découvrant la situation dans laquelle elle s’était mise. « La vérité finira par remonter. Il ne faudrait pas que ce soit le symptôme d’un souci plus… important. » Peut-être la belle a eu un excès de zèle. C’est possible vraiment. Ou bien encore on a voulu la fouler au pied. Depuis deux ou trois ans La Castelli patine à Londres. La juridiction britannique est de plus en plus compliquée à contourner. Elle doit faire appel à des nouveaux intervenants dans la chaîne. Plus de personne à sélectionner, à qui confier ses trésors. Ca l’ennuie. Depuis quelques temps elle regarde en direction de l’Atlantique. Pourquoi pas. Les Etats du Sud l’aime déjà. « Pensez-vous que je survivrais en prison Jean ? » Un être du beau comme elle… serait-elle écrasée ou au contraire révélée dans l’adversité carcérale ?
Enfin, cette charmante chatte n’est pas arrivée à sa place uniquement par le charme. N’est-ce pas ? Elle en a estropié des mâles dominateurs. Les parvenus au sexe dressé. Les sadiques en recherche de domination. Fiers à bras qui un à un ont perdu un peu de leur virginité spirituelle. Wang est de ces monstres là. « Vous êtes bien aimable. Merci. » Elle enverra un panier de fruit à l’agent Byrd.
La réserve observée par Lemoine est typiquement ce qui encourage cette femme à jouer. C’est un peu comme agiter une plume devant un félin. Elle s’amuse des tempéraments renfermés. Les prudents sont ses petits cobays adorés. Ils ont quelque-chose qu’elle n’a pas. Cela lui plait. Point de hasard que son regard se soit arrêté sur des êtres ronchons. « Faire comprendre ses désirs c’est la clef du bonheur. » Fit-elle alors, certifié d’un clin d’oeil. BIen entendu le jeu du sous-entendu peut avoir du charme. Source de plaisir aussi. Cependant, le but final n’est-il pas de voir ses désirs devenir réalité ? Même sa Sicilienne se permet d’aller cueillir des fruits interdits. Sans doute moins souvent que ce que sa complice lui souhaite. Le plaisir est l’une des rares offrandes qui ne se négocie pas totalement. Peut-être est-ce qui fait que cette marchande aime autant cela. « J’espère que vous vous permettez d’y accéder parfois Jean. Vous me semblez un peu trop focalisé sur vos devoirs. Je vous dit cela en toute amitié. Le labeur n’a jamais sauvé un homme. Un peu de bonheur par contre! »
Or les désirs de cette femme sont nombreux. Eva Castelli a très vite voulu beaucoup plus que ce que l’on lui prédestinait. Oh bien entendu, elle eût pu se contenter d’être la fille d’un architecte et d’une peintre. Trouver un riche bourgeois à marier. Avoir des enfants. Et s’occuper de nombreuses manifestations caritatives. Quelle horreur. Quel cauchemar. Elle préférait mille fois évoluer dans les Ombres dangereuses. « Je ne peux pas dire. Je n’y suis pas. Mais je me doute que ce n’est pas évident d’être la brebis au milieu des Loups. Mais je vous l’ai dit. Il y a des règles ici. Vous devriez en profiter pour poser vos armes. » L’encourage-t-elle encore une fois. C’est autant pour lui que pour ses employeurs d’ailleurs.
« Je parierais que vous êtes de ceux qui n’en prennent pas. » Lui répondit l’Italienne en échangeant un sourire en coin. Il en dit peu. Mais elle devine entre les lignes. Lemoine a quelque-chose du CowBoy. Ne lui disait-elle pas plus tôt dans la soirée ? Oui. Grand solitaire qui se dédie à une quête et à quelques hommes pour lesquels il pourrait aller brûler en enfer. Un profil qui a dû tout de suite convenir à la Dona. Eva peut entendre ce choix de vie. L’indépendance et la liberté sont des compagnes dont ont a du mal à s’éloigner une fois que l’on a effleurer leurs peaux.
Elle l’observe saisir le verre d’Amaro. Une liqueur en Italien. Une boisson digestive notable par son amertume en bouche. « Non ha il dolce a caro, Chi provato non ha l'amaro » Lui souffle sa cliente d’une voix taquine. La langue du père chante dans le creux de sa gorge. C’est une belle langue. Celle qu’elle chuchote au creux de l’oreille après avoir passionnément embrassé un corps. Ce qui en substance se traduit en Français : “Qui n'a pas goûté l'amertume, Ne sait pas apprécier les douceurs.” Lui offrant un peu de cette culture Méditerranéenne dont il ne sait rien. De ce genre de maxime s’explique le tempérament de cette Négociatrice. Il n’y a pas un homme ou une femme qui n’ait dans sa mémoire familiale les marques de sang. La douceur de vivre Italienne vient d’aussi loin que vienne les plaies de son Peuple. Les voilà qui célèbrent la Dolce Vita dans toute sa voluptuosité. « C’est une invitation au repos je dirais. »  Dit Eva tandis qu’elle ressent une présence dans son dos. Elle se retourne nonchalante. Plus loin, dans l’ombre d’un pilier, se devine la silhouette d’un homme à chapeau. Il est immobile. Personne ne prête attention à lui.
« Il est vrai qu’il est tard pour repartir à l’aventure ce soir. » A peine la belle a-t-elle fait ce constat que le mystérieux homme s’efface. Elle boit la liqueur et sourit. « Est-ce que vous êtes un joueur Jean ? » Faire renoncer aux rues Parisiennes, soit. Voilà qui peut se gagner par un bon dîner. Renoncer à s’amuser est un autre paire de manches. En particulier quand on est réfugié dans l'un des Hôtels du Nordique. Là où tout est réuni pour passer une bonne soirée. Une soirée tout en élégance et divertissement. Lemoine osera-t-il se défiler ? Lui qui aime flirter avec le monde de la nuit.

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2nd Avril 2019, 21:43
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Jean-Baptiste Lemoine
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Jean-Baptiste observait son interlocutrice. Croyait-elle vraiment qu'on ne pouvait pas la voir comme une ennemie? Le simple fait d'avoir des affinités avec une famille plus qu'une autre, démontrait son penchant et donc sous quelle bannière l'on pouvait être prêt à se mettre. Après, certes, les plus malins, pouvaient toujours tenter de manipuler, de faire tourner les vestes. Mais ceux qui s'en moquaient, pouvaient attaquer et durement. Aussi pour atteindre la tête de l'Hydre. Mais il estimait qu'Eva se trompait, en croyant être en-dehors de ces histoires. Elle était, qu'elle le veuille ou non, en plein milieu. Après tout, ce n'était pas pour rien qu'il était là, que ce soit de Santis qui l'a engagé pour s'occuper de protéger sa peau.... c'était bien montré qu'elle avait sa protection et qu'attaquer cette amoureuse d'art, c'était attaqué la femme d'affaire. Dès que l'on mettait le doigt dans cet engrenage infernal, difficile d'en sortir.

- Mmm... Détrompez-vous, vous portez des couleurs, même si vous avez l'impression que ce n'est pas le cas, parce que vous restez à distance. Se frottant la barbe. Il semblerait oui. Beaucoup de ces criminels avaient une bonne étoile, s'en était parfois frustrant pour nos flics. C'était aussi pourquoi, JB avait décidé de devenir plus gris que blanc, mais jamais il ne passerait totalement la ligne, il avait une morale qui le lui interdisait. Peut-être que ce n'était pas vous, obligatoirement, qui était visée. Vous n'êtes peut-être qu'un dommage collatéral. Et j'avoue que pour vous, ce serait mieux.

Devenir la cible d'un ennemi inconnu, il y avait de quoi risquer de flipper et pas qu'un peu. Surtout dans ce milieu. Qui sait, cette belle blonde pouvait parfaitement disparaître du jour au lendemain, sans que personne ne s'en rende compte. Et il ne lui souhaitait pas. Il y avait des meilleures fins que celle-ci.

- Oh, vous saurez sans aucun doute vous adapter. Le temps qu'il faudra. Mais la prison n'est faite pour personne. Ce n'est pas une colonie de vacances, comme beaucoup veulent le faire croire. Si vous savez vous défendre, physiquement j'entends, vous devriez vous en sortir.

Lui n'avait jamais fait un séjour derrière les barreaux, mais il y allait souvent, en prison. Pour son taf. Et franchement, ça ne lui donnait clairement pas envie de se retrouver un jour enfermer là-dedans. Ce qui motivait un peu plus sa paranoïa et qu'il faisait bien attention à ne laisser aucune trace - en tous les cas il faisait au mieux - derrière lui. Et surtout, surtout, il tentait de ne pas trop patauger dans des affaires qui pourraient réellement le foutre dans la merde. C'était moins le cas de Zac ou Rylee, qui pouvaient être capable de sauter la tête la première dedans et pour les repêcher... de quoi faire grogner souvent le chef d'équipe.

- J'vous promets rien.

Il préférait prendre des gants. Allez savoir dans quoi il risquait encore de se foutre. Alors avant de faire des promesses, mieux valait être prudent. Surtout dans son métier, surtout quand on faisait un double-jeu comme le sien. Lemoine ne souhaitait vraiment pas venir soulever un truc qui risquait de lui péter à la gueule.

- De votre bonheur, en tous les cas. Avec un petit sourire. Son conseil ne manqua pas de tirer un peu plus ses lèvres, dans un air un peu plus amusé. Oui, cette femme l'amusait, au moins un peu, parce qu'elle n'avait pas peur de lui faire un peu de rentre dedans. Elle avait sa façon de faire, pour en savoir plus sur lui, oui vraiment, c'était drôle. Ne vous inquiétez pas pour moi, je sais trouver mon bonheur. Quelques billets et tout va bien.

Que Castelli le comprenne comme elle le souhaitait. Mais il était clair que JB n'était pas le genre d'homme à s'amuser avec n'importe qui, même pour un soir et que des rapports tarifés, permettait d'avoir cette vraie distance et d'être tranquille ensuite. Alors pourquoi s'en priver.

- Ce n'est pas mon genre.... elle pouvait le prier de se détendre un peu, lui n'oubliait pas où il était et ne l'oublierait sans doute pas de sitôt, il fallait donc faire avec. Pourtant, l'inspecteur démontrait qu'il était déjà un peu plus détendu qu'au départ. Ce qui était une bonne nouvelle en soi, non? Vous pourriez bien gagner votre pari en effet. Hochant lentement de la tête.

Est-ce que les membres de la Strike Team apprenaient à se poser un peu? Difficilement, seul Marlon, ayant une famille, voyait le bien fondé de prendre des vacances. De poser réellement l'arme et le badge. Les trois autres, étaient sans doute trop addict à leur boulot pour le faire. JB n'avait pas grand-chose d'autre que son équipe, son boulot... - et parfois la team piscine aussi mais ça... - il écoutait l'italien, sans le comprendre, si quelques mots pouvaient lui parler, c'était bien tout. Il gardait donc son petit sourire, alors qu'il portait à son nez le bord du verre pour en sentir l'odeur. C'était le genre d'alcool donc l'odeur pouvait être plus intéressante que le goût.

- Je ne parle guère l'italien. Gardant le verre dans sa main. De la part de ce mystérieux ami. Fit-il tout en faisant tourner la liqueur, sans pour autant la toucher pour le moment. Il suivait du regard la prise de position de celle qui lui faisait face, remarquant, lui aussi, la silhouette. Haussant légèrement un sourcil. Peut-être oui.... Revenant tranquillement sur Castelli. Il aura au moins réussi à vous garder à l'intérieur, je le remercierai pour cela. Goûtant alors la liqueur. Excellente, encore une fois. Pas vraiment non, je préfère avoir une main mise sur mon argent. Déjà qu'il en avait peu et connaissant les effets négatifs que cela pouvait avoir sur certains. Mais je peux vous accompagner, si c'est la suite de votre question.

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Dire que vingt-quatre heures plus tôt Eva préparait ce voyage le sourire aux lèvres. Maintenant, la voici au cœur d'un film noir dont elle est l'héroïne involontaire. Elle se retrouve partagée entre l'excitation et la crainte. Ses yeux se posent sur Jean-Baptiste. Ils discutent calmement autour d'un excellent dîner. Que ce serait-il passé si Noa n'avait pas exigé une protection rapprochée de sa complice ? L'Italienne aurait-elle finit noyée dans la Seine ? Égorgée au fond d'une ruelle ? Asservie par son adversaire et souillée jusqu'à la chair ? Les Asiatiques ne sont pas tous comme la famille Goh. Celle qui s'est installée sur Londres.
« Une théorie intéressante... » Une théorie que Castelli a envisagé aussi. Mais qu'elle a rejeté rapidement. Ça n'avait pas de sens. Aucun de ses adversaires n'avaient employé de méthode aussi barbare, à son encontre, en presque trente ans de métier. Ce n'est pas le genre de son milieu. On se bat oui mais à coup de contrats, d'entourloupes, pas par les armes et le sang. Pourquoi tout à coup en passer aux mains ? Qu'est ce qui a avait changé ? « Mais dans ce cas quelle est la cible de Wang ? » S'interroge-t-elle tout haute. Qui, à ce gala, a pu attirer l'Asiatique... ? Ou qui voudrait-il viser à travers elle ? Eva avait intérêt à trouver des réponses. Le Norvégien l'y aiderait peut-être. Sans doute. Eliott connaît tout le monde. S'il y a bien quelque-chose c'est qui pourra le trouver. « Bien bien. Ne me promettez rien. Je me débrouillerais sans vous ! J'aurais crus que ce genre d'intrigues policières siérait à votre caractère. » Qui de mieux placé pour traquer une bande de criminel qu'un vieux loup solitaire ? N'est-ce pas son travail. Le vrai travail. Pas celui qu'il fait ici avec elle mal grés plus que bon grés ?
« Tout ceci est bien mystérieux. » Dit alors l'Italienne. Le sourire est moins prononcé. La piste lancée par l'inspecteur Lemoine change la donne. C'est vrai. Il lui apporte un point de vue. Castelli commence à se demander. Sous-estim- t-elle ses opposants ? Depuis le temps tout de même. Deux attaques ciblées. Ceux en moins de six mois. « Moi qui pensait profiter du charme de Paris. » Heureusement que le repas est bon. Cela répare quelque peu la fin de soirée.
Une moue dubitative se logea sur les traits de la blonde. Non vraiment la prison n'est pas faite pour elle. « Physiquement... » Elle arqua un sourcil. Physiquement, elle se bat parfois, par jeu. Dans les jeux de l'amour et sans réelle crainte d'avoir mal. Mais physiquement ses dernières luttes sont de l'enfance. Les bagarres avec les cousins et les cousines. Quand les adultes ne regardaient ailleurs. Oh si il y a eu une fois aussi. Plus tard dans sa vie, un homme a cherché à avoir le dessus sur elle. A la dominer pour avoir un rapport sexuel non consenti. Il n'a pas eu le temps de baisser son pantalon. Sans doute Eva l'aurait-elle tué Ce monstre. Mais dans un acte de mansuétude dûe à sa jeunesse -certainement- elle avait appelé les secours pour lui. Ils se sont recroisés, par hasard, deux ans plus tard. Il avait une marque au visage et visiblement il avait changé. Sage et humble. L'instinct de survie a fait le travail. « Je suis une non violente de nature. Je préfère faire l'amour et pas la guerre. » Dans une prison pour femmes ce ne serait pas la même chose. Serait-elle capable de s'en prendre physiquement à une femme ? Elle qui les admire, et les adore ? Aurait-elle le cœur à les blesser ? Le cœur non. Les tripes ? Peut-être. Lemoine a raison. Pour vivre que ne ferait-on pas ? « Mais... vous avez sans doute raison sur un point. »
Lui, ce ténébreux a décidé d'être hors du monde. Une fois de plus son raisonnement n'est pas si éloigné de celui de la Dona. A ceci près que De Santis n'a jamais évoqué de catin devant Eva. Le proxénétisme n'est pas du goût des Siciliens. Ils laissent ça aux Russes. Le commerce de la chair. La danré la plus répandue sur les continents. Sans doute même avant la drogue. Les gens ont besoin de la fièvre des corps. La seule maladie qui fait se sentir en vie. Seul appât auquel Castelli n'a pas voulu investir. Certains corps sont beaux. Beaux comme un tableau de Picasso ou une sculpture de Rodin. « Je vois oui. » Elle lui sourit. « Je connais une charmante maison d'hôtes sur Londres où vous pourriez vous amuser. Il y a même des Françaises. » Lui confie-t-elle. On ne peut pas nommer cet endroit « Maison de plaisirs ». Pourtant c'est bien cela. Pendant que certains font couler le sang sur les sentiers de guerre, ou l'alcool dans les tripots londoniens, d'autres font pousser les cris des maris cyniques et des riches affamés. C'est tout de même plus dans la philosophie de la dame. « Je vous donnerez l'adresse à notre retour. » Même si ce n'est pas « le genre » de l'homme tout le monde a besoin de souffler. Il le faut. Ou bien on implose. Ensuite, on n'est plus capable de rien.
« Mmm, oui, je le disais. Que de mystère ce soir. C'est sans doute l'effet de Paris. » La capitale de la France n'est pas exsangue de mystère en effet. Que ce soit pour les romantiques ou pour ceux qui font des affaires. Castelli a parfois des soucis avec les négociations hexagonales. Il y a des disparitions d'objets. Un voleur qui vole les voleurs. Eh bien oui... les codes d'honneur se perdent. Les nouvelles générations ne respectent plus les mêmes lois. C'est parfois compliqué de travailler avec eux.
Les yeux d'Eva pétillent. « Il a réussi bien plus que cela Jean. » Le propriétaire de cet endroit a réussi ce qu'aucun autre n'a réussi avant lui. Imaginer et créer un lieu où chacun dépose ses armes et s'y tient. Les Hôtels Particuliers ne sont pas seulement des refuges temporaires. Ceux sont des espaces neutres. Ils servent de lieu de rencontres et de dialogues. Quelques unes des guerres de sang les plus meurtrières d'Europe ont pu trouver un « apaisement » chez le Scandinaves. « Vous n'avez pas idée. Tout le travail qu'il vous épargne depuis des décennies. » Les Chevalier blancs doivent autant à cet homme qu’à leur chers Juges. Mais bien entendu ils ne le savent pas. C’est toute la beauté du travail exécuté par Odin. Souffler un vent d’apaisement avant que ne vienne la tempête.
« Diable, mais qui a parlé d'argent ici ? » Taquina-elle le Français. « Quand je vous dis que vous êtes vénal ! » Ajoute-elle, en déposant le verre vide sur le bord de la table laquée. Il y aura du sucré évidemment. Cependant, il est agréable de faire une pause. Patienter jusqu'au prochain plaisir gustatif. L'invité en conviendra sûrement. Alors, la grande blonde se lève lentement. Elle ne regarde plus dans son dos. L'homme au chapeau est déjà loin. Il se peut qu'il ne se manifeste pas plus pour cette fois. Personne ne peut réellement prévoir ce que fait Eliott. C'est là une de ses plus grandes forces. « Venez, Jean. » Le serviette brodée tomba délicatement sur la table. La silhouette de Castelli déjà en mouvement avec cette grâce de félin repus. Elle virevolte entre les tables pour rejoindre une allée centrale. Son sourire croisa le regard impénétrable du chef de service. Il anona discrétement. Il quitta ensuite son poste pour prendre les devants et escorter le duo. Une fois encore sans la moindre explication l'un des atouts de cet endroit se dévoile à Lemoine. Après avoir fait une suite de code sur un appareil de sécurité, deux portes noires furent dépressurisées. « Vous allez voir c'est amusant. » Un gigantesque salon se présenta. Il y a en effet de quoi reproduire un petit casino de Las Vegas -en moins clinquant. Plus chic- pour les joueurs de cette trempe. Mais après cette zone dorée il y en a une autre. Elle est plus calme. Une petite scène est éclairée d'un spot. Des fauteuils sont placés face à elle. Un bon tiers est occupé. Majoritairement des hommes d'âges mûrs. Ils ont des styles variés. De l'homme en trois pièces au roots avec des trous dans son pantalons. Ils sont des dealers, des mercenaires, des voleurs du tout Paris. Ils regardent ce qui se passent sur scène. Leurs rires montent dans l'air. Un duo semble jouer une scénette de théâtre. « Vous n'avez pas besoin d'argent. » Est-ce du Molière ou du Feydeau ? Ni l'un ni l'autre. C'est de l'improvisation en Français bien sûr. L'Italienne regarde ce qui se joue pendant un instant. Elle penche ensuite son visage vers son protecteur pour expliquer. « L'intérêt n'est pas dans la scéne elle-même. Mais dans tout ce qui l'entoure. Regardez. » A moins de trois mètres d'eux le plus grand trafiquant d'Ivoir d'Afrique faisait la courre à la N°1 des Da Silva l'une des grandes familles Espagnol du Crime. Ici se reproduit chaque soir un simulacre du Colisée de Rome. « Ouvrez bien les yeux. » Chuchote la Trafiquante, d'une voix malicieuse, alors qu'elle écoute les conversations à demi-tons.
Son dévolue est sur une femme assise sur leur gauche à une rangée. Agnès Duval. Une très bonne cliente à Eva depuis des années. Mais aussi l’une de ses plus ancienne rivale dans le métier. Étonnant qu’elle soit ici ce soir, non ? C’est toute la complexité. On peut-être à la fois ami et ennemi. Jusqu’à ce qu’un événement fasse pencher la balance. Castelli cale son dos contre le dossier du fauteuil. Sa pupille luit. Elle vient frôler le genou du policier. « À 9h. Elle rêve de me prendre mon monopole sur les DelaCroix depuis 15 ans.   » Castelli en viendrait à regretter l’interdiction de la violence pendant une seconde. Surtout parce qu’elle vient de croiser le sourire sardonique de sa bonne amie.
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Jean-Baptiste Lemoine
Ce qui se passe à Paris... reste à Paris.
Eva n'avait pas totalement l'air convaincue par ses dires. Mais notre homme ne cherchait pas non plus à lui imposer son point de vue. Il s'était simplement exprimé. Elle ferait bien ce qu'elle voulait de ces informations. Lui, il continuerait à la protéger jusqu'à la fin de la semaine. Ensuite, leurs chemins se sépareraient sans aucun doute. Il espérait ne pas avoir à la revoir, au fond d'un caniveau. Voilà tout. Mais il savait aussi, qu'elle était bien protégée, quoi qu'elle ne veuille le croire.

- Vous me posez des questions auxquelles je n'ai aucune réponse, Eva.

Si elle n'était pas la cible principale du chinois, il n'avait aucune idée du pourquoi de sa venue. Il ne s'était pas préparé à rencontrer des gens de cette trempe. Surtout que Wang ne faisait pas réellement parti des mecs sur lesquels il avait un dossier ouvert, pour le moment, en tous les cas. Il y avait bien assez de famille comme ça à Londres, si ceux-là pouvaient rester loin de la capitale, il leur en était reconnaissant. Il fronça légèrement les sourcils en regardant son interlocutrice, il aurait presque trouvé cette façon de dire les choses puériles, mais n'en fit pas la remarque à voix haute.

- Je n'ai guère besoin que l'on m'"offre" des enquêtes en plus.... grogna-t-il presque de mauvaise humeur. Elle croyait lui faire une fleur? Elle pensait sincèrement qu'il n'avait pas assez d'affaires comme ça? Qu'il se tournait les pouces en attendant que le temps passe quand il était derrière son bureau? Que la vie d'une inconnue, voleuse de surcroît, faisait tout d'un coup animé ses sens d'enquêteurs et qu'il allait encore la remercier de lui filer du boulot en plus? Fallait pas rêver... C'était lui qui lui faisait une fleur, en acceptant de jeter un œil sur son cas, qu'elle n'inverse pas les rôles non plus. Je vous ai dit que je verrai ce que je peux faire... lui rappela-t-il, en tentant de faire taire sa grogne.

Il ne releva pas plus et continua de manger, en effet, profiter des charmes de Paris dans ces conditions, serait plus difficile. Mais rien ne disait non plus, que Wang allait les poursuivre pendant tout leur séjour. De toutes les façons, le flic tenterait d'en savoir plus à ce niveau. Pour voir ce qui était safe de faire ou pas. Bien que ce serait à Eva de décider au final. Elle était la boss, il n'irait pas à l'encontre de ce qu'elle voulait faire. Même s'il se permettrait d'être violement contre. Il l'écoutait tout en terminant son plat.

- L'amour... mmm... au pire, vous vendrez vos charmes, je sais que ça peut aussi marcher. Après tout en prison, le contact charnel manquait souvent parfois à beaucoup de monde. Et sur quel point ai-je raison?

Lemoine secoua légèrement la tête, avec un petit sourire en coin, alors que la dame voulait lui donner l'adresse d'une maison close pour son retour sur Londres. Il n'était pas certains d'en avoir besoin. Il connaissait déjà une charmante française qui vendait ses charmes et qui lui faisait parfois des prix, parce qu'il s'occupait de garder son espace sécurisé. Mais enfin, rien ne l'empêcherait d'aller y jeter un œil. Sait-on jamais, qu'il y découvrirait une perle rare.

- Oui, faites cela.

JB n'essayait pourtant pas de faire des mystères, il était juste... et bien... il était juste lui. Homme méfiant, qui ne se laissait pas si facilement apprivoiser qu'on pouvait le croire. Vous pouviez bien lui mettre des liasses de billets sous le nez, ce n'était pas pour autant qu'il devenait aveugle. Bien au contraire. Il était parfaitement conscient d'où il se trouvait, ce qu'il faisait. Il savait aussi qu'il ne fallait jamais en dire plus que ce qu'on voulait bien faire connaître à ses interlocuteurs. C'était ainsi qu'il avait toujours agi, c'était aussi pour cela qu’il en était là aujourd'hui et pas derrière des barreaux ou entre quatre planches de sapin. Tout en se moquant bien du fait qu'on pouvait le trouver à être beaucoup trop sur ses gardes. Le français savait ce qu'il faisait et ce qui le maintenait en vie. Il ne changerait pas, même pour les beaux yeux d'Eva.

- Mmm.. donc je devrai, en plus, lui dire merci?

Fallait bien avouer que le flic avait un peu du mal à se dire qu'il en devait une à un brigand. Qu'importe ce que ce dernier avait pu faire, ce qu'il était capable de maintenir sous sa coupe. Cette façon de lui dire les choses, il le ressentait comme une sorte d'attaque. Comme si finalement, ils étaient tous incapables de faire leur boulot correctement. Ce qui pouvait être agaçant au final. Ces criminels qui pensaient pouvoir être au-dessus de tout et écrasait tout le reste... voilà pourquoi il ne franchissait pas complètement la ligne. Il profitait d'eux, mais n'avait aucun remord à les mettre derrière les barreaux. Cela lui faisait même du bien. Quand ce sentiment de justice et du boulot bien fait passait dans toutes les fibres de son corps. Mieux que recevoir un pot-de-vin, bien entendu...

L'homme ne prenait pourtant pas mal cette petite taquinerie sur le fait qu'il pouvait être vénal. Il ne l'était pas, n'estimait pas l'être en tous les cas, mais comprenait qu'il avait mal compris la question de Castelli. Enfin, quand on parlait de jeu, dans un endroit comme celui-ci, il était potentiellement logique d'imaginer des jeux d'argent. Enfin... laissant donc là son assiette vide, il se leva pour suivre le mouvement, son verre encore dans sa main, pour découvrir un peu plus ce fameux hôtel. Il fût surpris de se retrouver dans une salle où se trouvait une scène, le français des acteurs lui parvint rapidement, et il se laissa happer un instant par ce qu'il regardait. Même si Lemoine n'était pas un homme qui se rendait chaque soir au théâtre, ila vait appris à aimer cet art à Londres. Encore plus maintenant qu'il accompagnait parfois son filleul. Mais la voix de sa protégée revenait lentement à son oreille et il tourna légèrement la tête dans sa direction, pour mieux l'entendre. Elle lui expliquait donc les règles du jeu. La scène n'était pas intéressante donc, c'était bien ce qu'il se passait dans l'ombre qu'il fallait observer. Et en effet, Jean-Baptiste remarqua alors les silhouettes, les messes-basses, personne ne s'intéressait vraiment à ce qui était en train de se dérouler devant eux.

S'installant confortablement, il croisa les jambes, posa une main sur son genou, qu'il massait lentement, tout en terminant de siroter son verre. Discrètement, son regard se portait sur la femme que lui désignait Eva. On ne pouvait remarquer son mouvement presque imperceptible de la tête, fruit de ses longues années de filature. Reprenant une gorgée de son verre.

- Vous n'avez donc pas trop à vous en faire, si cela dure déjà depuis 15 ans. Preuve à ses yeux qu'elle tenait parfaitement la barre de son marché et qu'il était difficile de l'en délogée. Pourrait-elle être la source de vos ennuis à Londres?

Finalement... l'enquêteur.... revenait toujours.

*En français dans le texte
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Eva Castelli

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Castelli s’avança sur le rebord de son assise. Elle croisa, puis décroisa ses jolies jambes. D’un sourire amusé elle reprenait possession de son verre. Après une gorgée ses yeux s'attardent sur le visage du Français. Plus précisément à la commissure de cette bouche tentée de faire une moue. Eva devine le grondement retenu dans le creux de sa gorge. Elle hésita entre rire ou se vexer. Soit ce n’est pas le contrat rêvé. Mais tout de même ! Ils n’ont pas à se plaindre.
Depuis, le début de ce partenariat, Lemoine donne l’impression de détester sa situation. Il y a même un va et vient entre le froid et le chaud. Dès qu’ils parviennent à un sujet de détende l’homme se tend juste derrière. Cela amuse la blonde. Elle en vint à se dire que ses efforts sont peut-être vain. Voilà qui est dommage. Elle qui voit le verre moitié plein. Faut-il donc qu’elle renonce à ses petits jeux ? Elle lui sourit, alors moins charmeuse, plus tranquille. Montrant ainsi qu’elle peut apprécier la neutralité. Celle-ci est juste tellement moins intéressante. « Il y a pire que la prison. » Elle repoussa lentement son verre au centre de la table. Autant ne pas rebondir sur le plan B que vient de lui proposer Jean-Baptiste. Il a raison. Pour survivre Eva pourrait vendre ses charmes. Comme elle vendrait tout le reste. La vie seule compte à ses yeux. Une vérité qui n’est pas celle de ses plus gros clients. Mais, il lui semble qu’il ne vaut mieux pas continuer de jouer sur le sujet, avec lui. C’est un homme. Les hommes -elle le sait- font beaucoup de raccourcis. La dernière chose dont elle a envie c’est que ce grognon l’imagine en putain. Puisque ce n’est pas pour jouer ce ne sera pas pour le reste.
« Et si vous y allez demandez “Ruby”. C’est une perle. » Conseilla cependant l’Italienne à ce loup solitaire. Elle sourit en coin elle aussi. Elle n’est pas sûre du tout qu’il prenne en compte ses petits conseils. Cela ne la regarde pas. Elle offre. Les autres prennent ou non. Les perches, elle les a lancé. Elle en a même fait plus avec ce spécimen qu’avec beaucoup d’autres. Ce serait pour un autre rendez-vous, une autre fois.
Le sourire d’Eva redevient malicieux. Décidément le scepticisme de cet agent est distrayant. Il est pire que ses ennemis de toujours. Elle espère qu’il le sait.  « Exactement. Vous devriez en plus le remercier. Voir même lui offrir des fleurs. » Si t’en est qu’Eliott apprécie les fleurs. Elle ne peut l’en assurer. Au moins son vis-a-vis comprendra le principe. La Justice ne se fait pas que dans les tribunaux. Quoiqu’il ne puisse approuver la méthode… Il pourra  saluer le résultat. Elle lui souhaite de garder l’esprit ouvert. Même si ça ne semble pas encore gagné.
Enfin, après quelques jours dans la capitale, sous la protection du Norvégien Jean-Baptiste verrait -peut-être les choses autrement. Castelli lui a aimablement ouvert les portes du milieu. A lui de voir ce qu’il voudrait en faire.
Assise, à la diagonale d’une rivale. Il n’y a pas plus excitant. Rien de plus inspirant aussi. Du coin de l’oeil Eva suit la ligne du profil de la Parisienne. Elle imagine, sous ce tailleur sans plis un coeur battant. Duval représente l’archétype de la richesse Française. « Ce n’est pas impossible. » Elle fait une pause. Le temps de retrouver ce qu’elle sait exactement sur cette femme. L’occasion d’apprécier ce qui s’improvise sur la scène. Un sourire approuve le Marivaudage de pacotille. Les acteurs ne sont pas doués. Mais ils mettent du coeur. « Elle s’entendait très bien avec feu le Père de Markov. » A ces mots Agnès tourne son visage dans leur direction. Ses yeux sont d’un marron chauds. Ils sont presque noisette. Ils détaillent le duo. Rien d’invasif. A peine une fraction de seconde. Cela suffit à l’Italienne pour sourire. Il flotte encore lorsque la blonde se concentre sur les comédiens.  Il va de soi qu’une femme pareil. Une personnalité féminine avec autant de pouvoir. Il y a de quoi l'intéresser. Eva se laisse un peu bercer par son imagination alors que les gens bougent un peu dans les rangs.
Ils demeurent ainsi. L’horloge tournant lentement. Il ne se passe rien. Enfin, rien qui ne soit visible dans cette salle.
Une brève douleur intercostale fait frissonner la belle. Elle contracte sa main dans l’ombre. Une moue se dessine. C’est maintenant que le corps est tiède et détendu. Maintenant qu’il proteste. La course folle dans le faubourg de Paris a réveillé les courbatures matinales. Eva s’est levée tôt pour faire une séance -intensive- de natation. Il n’y a que le sport qui l’aide à évacuer l’excitation professionnelle. Mais elle y est allé un peu fort. Sans son coach.  
« Mmm. Cette soirée sera calme. Nous ne manquerons rien. Venez. Montons. » Inutile de donner à JB une autre raison à ce repli. Il ne fera pas le difficile. Lui qui a déjà fait comprendre par trois fois qu’il valait mieux être au calme. D'autant que le calme n'est pas forcément le sage. Une pensée, qui accompagna les pas d'Eva, vers les hauteurs. Comme un peu plus tôt dans la nuit elle entra dans une cabine de métal. Naturellement, elle eu un sourire en songeant qu'il n'y a qu'eux qui s'y trouve. Elle dénoue tranquillement le noeud de la chemise. « Un dernier verre Jean ? »

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17th Avril 2019, 14:29
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Jean-Baptiste Lemoine
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Jean-Baptiste ne détestait pas sa situation, ni ce contrat. Mais il faisait son boulot et Eva lui donnait parfois cette impression de s'en moquer. Pas de lui, il ne se vexait pas pour si peu, mais du fait que lui, n'était pas là pour le plaisir, ni pour s'amuser. Il avait un contrat, un travail à fournir. Sans compter que son employeur, employeuse même, n'était pas la personne avec qui il fallait se planter. Voilà pourquoi il était ainsi, pourquoi il n'était pas d'humeur, ni à s'envoyer en l'air, ni à réellement plaisanter. Sans compter que ce qu'il s'était passé au Louvre, pouvait réellement lui filer des sueurs froides. Des chinois aux trousses de l'italienne n'était pas pour lui plaire. Il devait déjà réajuster ses plans de protection pour la fin du voyage. Qu'importe cet hôtel si particulier dans lequel ils se trouvaient. Car si la trêve des truands était tenue entre ces murs, ce n'était plus le cas une fois à l'extérieur. Voilà pourquoi il était tendu. Bien que l'homme tentait de faire quelques efforts pour se détendre, ce n'était pas évident.

Il n'aimait pas non plus devoir quelque chose à ces truands, car malgré son joli minois, c'était bien ce qu'Eva était. Qu'elle le veuille ou non, ils ne jouaient pas du même côté de la ligne. Bien que Lemoine puisse avoir parfois la possibilité de la traverser, ce n'était pas pour autant qu'il se considérait comme faisant partie de cette grande famille... cette grande famille qui le noyait souvent sous le travail, qui mettait toute son équipe en danger, ce n'était pas lui faire une fleur que de lui mettre sous le nez une enquête, en plus pour un compte privé. Voilà tout ce qui pouvait le refermer quelque peu.

Mais est-ce que ces deux pouvaient seulement se comprendre à ce niveau? Là était bien toute la question.

- Une boîte en sapin, oui.

La mort, c'était pire que la prison, non? Une autre forme de prison. Même s'il était plutôt en paix avec la Grande Faucheuse, il espérait juste qu'elle viendrait le jour où ses proches seraient en sécurité. Parce qu'il ne voulait pas disparaître, en sachant que ses équipiers pouvaient encore être dans les ennuis. Même s'il était bien capable de se prendre une balle pour chacun d'entre eux. La prison, c'était rien en comparaison, il était entièrement d'accord avec Eva à ce niveau. Que la dame se rassure, notre n'était pas du genre à se faire des idées libidineuses sur les dames, qu'importe leur boulot.

Au nom prononcé, Lemoine ne manqua pas d'avoir un vrai sourire, amusé. Le monde était petit, c'était quelque chose qu'il entendait bien souvent, et voilà que cela s'avérait vrai, une fois de plus. Un petit mouvement de la tête marquait l'approbation. "Ruby", ils se connaissaient tous les deux, elle était l'une de ses indics', il la protégeait, encore plus depuis qu'elle avait décidée de s'affranchir de tout mac. Et oui parfois, il profitait aussi de ses charmes. Pas gratuitement non.

- C'est une perle, oui.

Elle ne lui avait jamais donné le nom de l'établissement où elle bossait parfois. Maintenant il l'avait. Merci Eva.

Lemoine reconnaissait l'humour, cette femme le taquinait. Il n'y était pas fermé. Mais tout dépendait, aussi, des sujets abordés. Là qu'elle pousse le vice aussi loin, ne le faisait pas grincer des dents. Mais il était certain qu'elle pouvait rêver de le voir un jour offrir des fleurs à un truand. Qu'importe son statut, qu'importe ce qu'il ait pu faire pour les aider. Il y avait des limites à ne pas dépasser et elles étaient posées pour le coup. Il fit tourner l'alcool dans son verre, sans la quitter des yeux.

- Le jour où les poules auront des dents... qui sait... laissant planer un mystère qui n'en était clairement pas un.

Avant que le duo ne se déplace, pour un nouvel endroit. Installer dans la pénombre, JB restait pourtant à l'affut, bien qu'il devait faire confiance aux paroles de son interlocutrice sur le fait qu'ils étaient en sécurité, il ne pouvait pas s'en empêcher. Qu'elle confirme que cette femme qu'ils observaient, puisse être à l'origine de certains de ses problèmes... il ferait des recherches. Encore. Autant dire que le français passerait une courte nuit. Suffisante pour être reposé, mais assez courte, pour pouvoir monter son plan de bataille du lendemain. Surtout que sa protégée lui avait bien fait comprendre qu'elle ne changerait pas ses plans. Pour rien au monde d'ailleurs.

- Mmm... Fût bien tout ce qu'il répondit, alors qu'il restait aux aguets.

Curieux aussi de voir tout ce petit monde de l'ombre interagir, il regrettait presque de ne pas avoir planqué des micros un peu partout, pour entendre plus précisément de quoi était faites les conversations tout autour d'eux. Castelli semblait tout aussi intéressée que lui. Pas pour les mêmes raisons bien entendu, mais... elle était tout autant à l'écoute que lui. Avant de mettre un terme à tout ceci. Vrai qu'ils devaient être là depuis bientôt une bonne heure voir plus, la fatigue pouvait se répandre dans les muscles, les esprits, parce qu'ils étaient un peu au repos, mine de rien.

Le flic se leva sans attendre, pour suivre la dame, entrant à sa suite dans l'ascenseur et la laissant appuyer sur le bouton de leur étage. Il mettait les mains dans le dos, tout en ayant un petit sourire en coin à sa question, l'observant quelques secondes. Pas dupe pour un sous, JB savait ce que cette invitation amenait, elle ne perdait jamais le nord, ni n'oubliait ses envies, n'est-ce pas?

- Je pense avoir assez bu pour ce soir, Eva. Et j'ai encore du travail. D'un ton poli et tranquille.

Professionnel, il tentait de l'être le plus possible. Et accepter ce genre d'invitation, qui finirait presque sans aucun doute entre ses draps, ne l'était pas. Parce qu'il serait bien emmerder de lui dire non à un certain moment.

- Ne m'en voulez pas.

Sans air contrit, parce que Lemoine n'était pas non plus le plus désolé, bien qu'il pouvait comprendre qu'à force de lui refuser tout et n'importe quoi, Eva finisse par le trouver ennuyant, peu drôle et bien trop à cheval sur son boulot... ce qui potentiellement.... pouvait être vrai parfois. L'ascenseur indiquait qu'ils arrivaient à leur étage.

- Pour le reste, ça se passe comment? Avez-vous les clés? Demain, quelle heure devant votre porte? Dois-je trouver un moyen de transport?

La course poursuite du Louvre changeait quand même quelques plans basiques, notamment comment se déplacer dans la ville. Ils n'étaient plus au même endroit alors... encore du travail en plus pour notre homme cette nuit, se remettre le plan de Paris en tête, pour ne plus se faire avoir aussi facilement.

*En français dans le texte
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Castelli sourit, puis rit, de la coïncidence, dont ils sont les victimes bienheureuses. « Et de tout ce que Londres compte en filles de joie, voilà que vous prenez ma petite perle. » Dit elle en reprenant le surnom du policier. Somme tout approprié pour décrire la charmante Moira. La façon qu’il a de sourire fait penser à l’Italienne à un protecteur. Elle le soupçonne de jouer les veilleurs bienveillants. Pas uniquement avec les putains mais avec tout ce que la capitale à de “crève la faim”. De ce qu’elle voit, oui, cela correspond bien au profil de l’homme. Un loup gris qui garde son territoire des mauvaises graines. L’idée ajoute une touche de Dumas au portrait.
Le sourire de la blonde s'estompe lentement alors qu’elle se souvient de l’une des dernières Une du Times. La désinvolture disparaît en un clin d’oeil. Elle s’était rendu aux deux cérémonies en l’hommage des victimes.
Celles-ci Eva ne les connaissait pas. Elles n’étaient pas du réseau de ses protégées. Elle n’avait pas été respirer leur peau non plus. Non. Elle ne savait rien d’elles. Excepté, qu’elles étaient mortes dans le plus total anonymat, pour la seule et unique raison d’avoir été prostituées. Ce qui touche l’Italienne au coeur et à l’âme profondément féministes. Aucune femmes ne devraient mourir de la cruauté d’un homme. Aucune. Aucune femme ne devrait être condamnée pour avoir vendu sa chair. Voilà quelque-chose de révoltant. « Jean-Baptiste ? » L’usage du prénom complet n’est pas innocent. C’est pour obtenir une grande attention de la part de l’enquêteur. « Ce tueur ? Ce monstre ? Avez-vous la moindre idée… ? » La voix s’arrêta là. Les yeux azurés sont alors intenses. « Vous veillez sur notre petite Perle n’est-ce pas ?   » Se rassure-t-elle ensuite en repensant à la grande brune. Quoiqu’en pense Lemoine, sa cliente n’est pas assez implantée dans ces milieux, pour protéger les filles de telles menaces. Dans le cas présent c’est quelque peu frustrant. Noa accepterait peut-être de faire quelques recherches sur ce sujet. Pour la rassurer. Ce n’est pas son domaine de marchandage. La Bravat tient les rênes de la prostitution Londonienne. Stanislav… Eva et lui se sont un peu brouillé. Il n’y a pas si longtemps. Tout justement sur la question de la traite des femmes. Aussi est-ce délicat d’aller trouver le Russe pour revenir sur un sujet à discorde. « Je peux vous rapprocher de Markov. » Elle directement, non peut-être pas. Mais, nombre de ses clients sauront lui rendre ce service.
Le petit jeu d'espionnage aurait pu durer plus longtemps. Plus longtemps. Très longtemps. Mais Castelli sent qu’elle a poussé son bienfaiteur pendant toute la journée. Il s’est montré brave. Loyal. Elle ne tient pas à l’épuiser. Ils ne sont qu’au premier jour du séjour.
Tout comme elle ne doit pas se négliger. Un corps faible est un corps à risque. Eva ne prend pas de risque dans ce domaine. Son cancers, passé, dépassé aux prix de beaucoup d'efforts, lui a apprit cela. Respecter ce corps avec lequel on cohabite. Elle ne minimise donc plus aucun signe. Elle écourte son jeu. Sans qu’il n’y ait une trace de regret en elle. Ainsi le reprendra-t-elle de plus belle, le jour d'après. Le lendemain. En quittant le salon, elle croise le regard d’un vieil homme aux cheveux gris. Ils se sourient mutuellement. Pelletier. Si Pelletier est à l’Hôtel de Paris, alors… Mais cela attendra la nouvelle aube.
Econduite, le mot est un peu vieux. Mais il plaît à la blonde. Econduite,  par le vieux loup, Castelli pétille pourtant. Elle le contemple avec un mélange de dérision et de sympathie. Jusqu’au bout de cette journée il lui aurait dit “non”. Soit. Soit. C’eut été une jolie façon d'entériner leur partenariat.
« Le travail. » Dit-elle en écho. Elle ne dit pas plus. Pas plus qu’elle ne relève la demande qu’il lui fait ensuite. Elle se contente de lui adresser un nouveau sourire. Elle se demande, un instant, à quoi il pense. Ce qu’il pense vraiment. Un “non” n’est qu’un “non”. Ce n’est pas un jamais. Si tel est le cas… Jamais elle n’aurait réussi la moitié de ses conquêtes. C’est d’ailleurs dans l’adversité qu’Eva se trouve être la plus douée. La plus exaltée aussi sans doute. Pour cela, il est vrai que sa passion pour Noa l’exerce a bien des prodiges de séduction. Elle fait le pas qui la sépare du Français et le regarde dans les yeux. « Ce fût une soirée intéressante.   »
Chiffres d'or indiquent l'étage 6. Castelli sourit car à Londres aussi on la place à cet étage du Rosewood. Elle soupçonne que ce soit fait exprès. Ils remontent le long couloir. Les dizaines défilent jusqu’à la quarantaine. Eva ralentit devant la chambre 647. Elle se tourne vers JB pour lui tendre la clef magnétique de la chambre 644. Juste un peu plus loin. « Nous avons le service pressing. Profitez-en. » Le taquine-t-elle en désignant sa chemise salie. « Et vous avez une baignoire. » Quand a-t-elle fait tout cela ? Eh bien dans le taxi parisien. Avant même que Lemoine lui ait donné son “oui”. Elle approche pour détendre le col de chemise froissé. « Je vous promet que vous n’aurez plus à me sauver la vie.   » Elle relâche le tissu. « 8h15. » Dit-elle après un instant de calcul mental. « Nous irons à l'Institut du Monde Arabe pour commencer. » Elle attrape son téléphone qu’elle manipule en silence. Le cellulaire du Français vibre. Le planning de la semaine vient d’être transféré dans un en pièce-jointe d’un email. « Voyez avec l’Intendance pour la voiture. Ils doivent avoir la mienne en sous-sol. Tenez. » Elle lui passe une carte gravée. « Vous aurez accès à tout. »
L’Italienne attend. Elle s’assure que son protecteur n’a rien de plus à ajouter ou demander. « Bonne nuit Jean. » La pression de la poignée métallique fait un doux son. Eva bascule la poignée. Elle passe le seuil. Elle pince la porte d’une main, tournée en direction du couloir et observe l’Inspecteur s’éloigner. Un sourire au coin des lèvres elle referme la porte de la chambre. Une lumière automatique s’enclenche. La chambre et tamisée. Un bouquet de roses blanches attend sur une des tables noires laquées. Le sourire d’Eva s’efface lentement alors qu’elle peut laisser la douleur musculaire s’épanouir entre ses chairs. Elle dépose la clef sur la table et se dirige vers la salle d’eau. Un jet puissant d’eau chaude s’écoule dans la baignoir. Un bain chaud voilà ce qu’il lui faut.
Quelques minutes plus tard, dévêtue, couverte d’un peignoir léger, elle attend que le bain soit prêt. Un message électronique attire son attention. Alors, son regard se met lentement à luir. Lorsqu’elle repose l’appareil son sourire se fait carnassier. Ce qui se passera dans cette ville restera dans cette ville.

Eva Castelli
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10th Mai 2019, 18:11
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Jean-Baptiste Lemoine
Ce qui se passe à Paris... reste à Paris.
Comme quoi, le monde pouvait être tout petit. En un prénom, nos deux protagonistes, découvraient ce qu'ils pouvaient avoir en connaissance commune. Même si cela ne surprenait que peu notre flic. Après tout, une femme de joie rencontrait un certains nombres de personne. Cette femme, en particulier, avait un grand nombre de contact. Ce n'était pas pour rien que le français la gardait sous sa protection. Quand on avait des indics' de cet acabit, il ne fallait surtout pas les lâcher. Les plaisirs intimes, étaient un plus. Un service que JB demandait rarement, finalement. En comparaison du nombre de fois qu'il pouvait la rencontrer, pour obtenir les informations qu'il cherchait.

- Je ne vous la prends pas. J'ai cru comprendre qu'elle n'appartenait à personne. Avec un petit sourire.

Elle était libre de faire ce qu'elle voulait, comme elle le voulait. L'avantage de Pearl, après qu'elle ait décidé de ne plus être sous l'emprise d'un mac. Ce qui n'était pas rien. C'était même courageux de sa part. Perdre une protection pareille, mais elle avait trouvé mieux, un membre de la Strike Team, le leader même. Permettait d'avoir une vie un peu plus tranquille. Personne n'emmerdait cette femme, presque personne et si les choses pouvaient mal tourner, JB était là pour remettre les idées en place à ceux qui pouvaient se permettre de dépasser les bornes.

Le fait qu'Eva l'appelle par son prénom, l'amena à nouveau vers l'instant présent. Son attention se reportait toute entière sur son interlocutrice. Il remarquait son sérieux, voir même son inquiétude. Ses questions ne laissaient pas vraiment de moyen de se demander de quoi elle parlait. Comme une grande partie de Londres, elle avait entendu parler des meurtres, de cet Eventreur qui décidait de faire régner la terreur dans l'East End, comme en 1888. Pour le moment, il n'y avait eu que deux meurtres, les enquêteurs qui s'occupaient du cas, préféraient ne pas trop se faire d'idée. Que ça ne deviendrait pas une série, ils l'espéraient, mais... tout le monde savait que quelque part, ces meurtres pourraient parfaitement continuer.

- Non. Répondit-il honnêtement. Je ne suis pas sur cette enquête... hochant de la tête. Oui, je fais attention à elles. Car Pearl n'était pas la seule à être en danger. Mais ces femmes, puisque c'était leur gagne-pain, n'étaient pas du genre à quitter la rue, parce qu'un homme pouvait les agresser. C'était aussi un peu le lot de ce genre de vie. Il ne lui arrivera rien.

Bien entendu, c'était une promesse qui pouvait être difficile à tenir. Pourtant, JB avait fait en sorte de laisser quelques yeux et oreilles dans les parages. Le risque zéro n'existait pas, mais il pouvait faire baisser le danger. Au moins un peu. La remarque de cette voleuse d'art, ne manqua pas de lui tirer un petit haussement de sourcil.

- Je vais y réfléchir... peut-être qu'être plus proche des Russes, lui permettrait d'en savoir plus sur leur propre trafic et les faire tomber.

Ce n'était pas très cool de sa part d'utiliser ainsi son interlocutrice. Pourtant, notre homme n'en ressentait aucune honte. Parfois, il fallait se montrer aussi vicieux que ses ennemis. Il ne souhaitait pourtant pas mettre Castelli en danger, il trouverait sans doute une autre façon d'avoir des liens avec Markov et cette famille. Après tout, sa réputation dans le milieu, n'était plus à faire. Tout le monde trouvait intéressant d'avoir un ripou dans sa manche. Une sorte de carte Joker, permettant d'éviter la prison ou d'autres désagréments de la sorte. Tant qu'on savait l'arroser correctement. C'était ce qu'il laissait généralement penser. Mais il avait ses codes, sa morale... et il avait une profonde haine contre la traite d'êtres humains.

Oui, le travail, une bonne excuse pour éviter de se retrouver dans la chambre d'une femme qui risquait de ne plus le lâcher. Il préférait garder un lien professionnel avec elle. Ne sachant pas trop comment la relation changerait, si par hasard, il finissait par se laisser charmer par ses approches. Il n'avait rien contre elle, mais encore une fois, notre homme avait un code d'honneur, surtout dans ce genre de situation et il préférait donc rester neutre. Soirée intéressante... oui c'était une façon de dire les choses. Lemoine observa alors sa chemise. Vrai qu'elle avait perdu de sa blancheur, plus vraiment présentable sous un costume. Il hochait légèrement de la tête.

- Je ferai ça. La laissant s'approcher, mettant les mains dans le dos, elle tentait encore, mais il ne réagissait que peu finalement, avant qu'elle ne lui donne finalement toutes les informations dont il avait besoin. Heure de départ, moyen de locomotion. Etage, clé de chambre. Parfait. Il l'accompagnait donc jusqu'à sa porte, s'assurant que tout allait bien, avant de partir vers le numéro de sa chambre. Bonne nuit, Eva.

Il n'était clairement pas fâché de pouvoir enfin se poser un peu. Laisser retomber la pression, ce n'était pas rien. Surtout après cette journée, riche en émotion et en surprise. Il ne dormirait pas longtemps, mais ce n'était pas si grave que cela. La porte se fermait derrière lui. Lemoine découvrait donc la pièce. Une chambre d'un certain standing, aucune bouteille d'alcool pour l'accueillir, juste de quoi grignoter. Parfait. Si celle dont il devait assurer la sécurité, allait profiter d'un bon bain délaissant, lui, profitait plus de prendre une bonne douche, fraîche. Pour rester éveiller.

Puis, Jean-Baptiste s'installait sur le bureau, sortait son ordinateur portable et se mettait donc au travail. Il étudiait le programme de la semaine, les endroits où ils se rendraient. Chaque chose était étudiée, l'une après l'autre. Il faisait aussi marcher quelques-uns de ses contacts sur Paris. Il fallait savoir ce que les Chinois faisaient dans les parages et s'ils risquaient de les croiser à nouveau.

Quoi qu'il tente de faire, Lemoine savait pourtant parfaitement, qu'il y aurait une part d'inconnue. Qu'il lui faudrait être prêt à improviser si la situation l'exigeait. Mais ainsi préparer. Il serait plus simple pour lui de faire face à tout ce qu'ils pourraient vivre. Oui, ce qu'il se passerait ici, resterait ici. Une chose était sûre, Eva reviendrait en un morceau après ce séjour, c'était pour cela qu'il était payé.

*En français dans le texte

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si on se lâche,
on n’est plus rien.
Jean-Baptiste Lemoine
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17th Mai 2019, 14:42
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