AccueilRechercherMembresS'enregistrerConnexion
Le Deal du moment : -54%
Aspirateur Balai sans fil et sans sac – Bosch ...
Voir le deal
91.09 €

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Parlez-moi de vous dame aux cheveux de feu ? ft. Llewyn
Eliott Eirik
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Parlez-moi de vous ft. Llewyn Oswell


Eliott quittait l’austérité du bureau, pour aller faire quelques pas, dans l’une des courettes de l’Hôtel Particulier. Il aimait cette partie du domaine. Elle lui rappelait les cloîtres romans et leur paix ancestrale. Ces lieux où calme et harmonie sont les maîtres. Il s’y sentait comme chez lui.

Au fur et à mesure des mois passés à Londres Le directeur avait entamé la métamorphose du Rosewood. Il avait d’ailleurs réquisitionné un bataillon d’ouvriers pour faire restaurer la vieille pierre grise du bâtiment. Il voulait rendre sa splendeur à cet hôtel. Il en avait eu de bons échos de la clientèle. Il avait aussi vu des couples d’hirondelles venir nicher dans les boulots du grand jardin. A présent, il attendait leur retour tout autant que les couleurs du printemps.

Ce n’était pas la seule chose qu’il attendait en ce doux matin d’avril. Mr Walsh connaissait maintenant suffisamment bien les employés pour ne consulter son chef qu’une fois par semaine. Ils faisaient un point chaque mercredi soir. Il avait ainsi eue connaissance des transactions planifiées pour la fin de la semaine. En parcourant la liste Eliott avait entraperçut un nom qui avait de nouveau éveillé sa curiosité.

Cela faisait quelques temps déjà qu’il songeait à en apprendre plus sur une jeune femme. Aussi avait-il demandé, à ce qu’on lui donne le dossier sur Miss Oswell, la veille au soir. Il en avait fait une lecture intéressée avant d’aller se coucher. Sachant qu’elle devait passer au Rosewood en fin de matinée Eirik avait exigé qu’on la fasse venir jusqu’à lui. Cette petite convocation était le caprice d’un vieil homme.

Dans un souci d'accueil et de bienveillance il avait fait installer une table dans le patio sud, là où la lumière était la plus belle et la plus chaude. Il avait également fait remonter un service à thé et de quoi agrémenter la conversation de douceurs sucrées. Il laissait les scones aux anglais pour leur préférer de simples madeleines, dorées et rondes. Enfin, pour préparer au mieux cette conversation il avait recherché les nouvelles fraîches de Belfast auprès de ses quelques amis irlandais. L’occasion par la même d’organiser une prochaine visite en cette terre de rébellion.

Le vieux Norvégien terminait donc sa petite promenade sous le grand chêne central. Un arbre majestueux qui était ici bien avant que cet cette bâtisse sorte de terre. Eliott conservait ses mains jointes dans le dos comme à l’accoutumé. Il pouvait enfin porter sa veste de mis saison sans avoir froid. Il avait au cou un petit foulard de soie.

Il tendait ainsi un visage serein en direction du soleil. Il ferma les paupières pour mieux écouter le chant d’un rossignole posé par là:
« La nature est belle. N’est-ce pas ? » Le directeur avait un sourire apaisant. Il fit lentement volte-face pour accueillir la jeune femme qu’il avait entendu approcher. Il posa sur elle des yeux doux et curieux.

Il tendit galamment une main vers les chaises de jardin:
« Bienvenue Miss Oswell. Je suis M. Eirik le directeur de cet établissement. J’ai demandé à avoir quelques minutes de votre temps, avant à votre départ. Je vous en prie prenez place. Je nous ai préparé de quoi profiter de cet agréable temps. Voulez-vous du lait avec votre thé ? » Lui même ne suivait pas la mode anglaise. Il aimait y ajouter une lichée de miel en hiver. Mais c’était bien tout.

Doucement le liquide ambré et chaud évaporait des effluve dans l’air matinal. Eliott finissait le service lent, comme le sont les gens sans craintes. Puis, il croisait ses cuisses à la mode des dandys d’une bien lointaine époque:
« Tout d’abord dites-moi ? Tout se passe bien pour vous avec nous ? » La voix était si douce qu’on eût pu oublier qu’il était l’une des personnes les plus redoutées du milieu.

code by EXORDIUM. | imgs by tumblr


Eliott Eirik
Eliott Eirik
FUCK THE LAW
Messages : 305
Date d'inscription : 29/04/2019
Localisation : Londres Rosemonde
Profession : Gérant d'Hôtel / Mafieu
Etat Civil : Veuf sans enfant
8th Avril 2020, 12:23
Revenir en haut Aller en bas
Llewyn Oswell

Llewyn écarquilla les yeux. Les sourcils hauts sur le front, la clope pendue aux lèvres, elle dévisagea le type à l’air vaguement affable malgré sa carrure d’armoire à glace qui venait de l’interpeller. Dans un réflexe stupide, elle tourna le nez vers son collègue de livraison. L’homme, un grand gars au cou si court qu’il semblait toujours renfrogné, haussa nonchalamment les épaules, comme pour signifier qu’il n’avait aucune idée de la raison qui poussait le grand patron à vouloir la voir. La rouquine se pointa doucement du doigt pour s’assurer qu’on s’adressait à la bonne personne avant qu’on ne lui rappelle sèchement qu’il n’y avait pas cent Oz dans le coin. Argument irréfutable, le malabar marquait un point.

La jeune femme se décolla de la camionnette contre laquelle elle se reposait. Elle écrasa sa cancéreuse sous la semelle de sa grolle, épousseta son pantalon utilitaire chargé de poussière et emboîta le pas au gaillard sans se faire prier davantage. Cheminant à travers les boyaux luxueux du Rosewood, la transporteuse tentait de se remémorer chaque course, chaque minute passée derrière un volant pour le compte du gérant hôtelier, cherchant en silence ce qui pouvait bien lui valoir une convocation du maître des lieux en personne. La sensation déplaisante d'avoir commis une erreur lui mordit progressivement la nuque. Et cependant elle ne parvenait à trouver quel reproche on pourrait faire à son travail. Écartelée entre la certitude de n’avoir jamais failli à sa réputation et l’impression cuisante de s’être plantée quelque part, Llewyn sentit son pas s’alourdir à mesure qu'elle approchait l'échafaud.
Le guide bifurqua une dernière fois puis s’immobilisa devant une large porte à double vantaux. Il fit grincer l’un des panneaux sur ses gonds et indiqua d’un signe de tête à son accompagnatrice de continuer sans lui. La rouquine, en passant à sa hauteur, tenta de déchiffrer à l’expression neutre de son visage l’humeur de son dieu. En vain. L’homme lui fit l’effet d’un code indéchiffrable, et ce fut la boule au ventre qu’elle posa le pied sur la pierre grise d’une galerie à colonnes.

Le couloir, aux vagues relents de cloître, courait autour d’une cour intérieure impeccablement entretenue. À pas feutrés, tant pour ne pas déranger la quiétude des lieux que par méfiance, Llewyn approcha le centre de l’espace extérieur. Un homme d’un certain âge, les mains nouées dans le dos, se tenait là, profitant du soleil. On avait préparé une petite table, deux chaises et ce qui semblait être une collation. Bien qu’elle ne l’eût jamais croisé, l’Irlandaise crut reconnaître Eliott Eirik, dieu de cet hôtel et de bien d’autres. Les gravillons crissèrent sous ses lourdes semelles quand elle le rejoignit.

« La nature est belle. N’est-ce pas ? »

Llewyn leva le nez vers le ciel pour aviser le soleil, haut et clair, dont les rayons inondaient le sanctuaire de lumière en l’aveuglant. Ses orbes pâles, trop sensibles aux charmes de l’astre du jour, retrouvèrent le décor qui les entourait. Elle hocha la tête, entendue.

« Bienvenue … Voulez-vous du lait avec votre thé ? »

Elle déclina poliment l’offre en s’installant, gardant sous silence son manque crevant de sympathie pour le thé. Cette boisson bénie des dieux aux yeux des Anglais et de ses compatriotes ne trouvait autant de grâce aux siens. Qu’on puisse à ce point se passionner pour de l’eau chaude infusée aux plantes la dépassait. Elle ne pipa pourtant mot, laissant tout le loisir à son interlocuteur de lui servir une tasse brûlante qu’elle s’empressa de pimenter de trois morceaux de sucre pour lui donner un tant soit peu de goût. Ne sachant que faire de ses bras, de ses mains, de sa respiration, elle résolut de glisser ses doigts contre la porcelaine ainsi réchauffée et entreprit de briser les petits cristaux restés au fond du bout de sa cuillère.

S’il était malvenu de dévisager une âme qu’on rencontrait tout juste, la coursière ne put s’empêcher de détailler les traits assurés et sages de son hôte. Défiante, elle chercha dans son regard les traces d’une animosité ou de reproches qu’elle ne trouva pas. Lentement, comme soumises au magnétisme rassérénant de la figure qui lui faisait face, les appréhensions qu’elle avait de cette conversation s’éloignèrent.

« Tout d’abord dites-moi ? Tout se passe bien pour vous avec nous ? »

Elle battit des paupières, pour s’habituer à l’éclairage toujours aussi éblouissant comme pour se laisser le temps d’analyser cette question inattendue. La rousse suspendit le mouvement circulaire de sa cuillère et s’éclaircit la gorge pour demander d’une voix rayée :

« Oui ? Elle corrigea immédiatement son intonation pour affirmer : oui. »

Le crissement métallique et régulier du métal au fond de la tasse reprit doucement. Les courses missionnées par le Norvégien ou ses subordonnées se passaient au mieux, à ses yeux en tous cas.

« Merci pour le thé, commença-t-elle. Je ne voudrais pas paraître désobligeante, mais je ne sais pas ce que je fais ici. Elle fronça les sourcils. Quelque chose ne va pas dans mon travail ? »
CODE BY ÐVÆLING
Llewyn Oswell
Llewyn Oswell
FUCK THE LAW
Messages : 58
Date d'inscription : 05/04/2020
Profession : Chauffeur-routier, transporteuse
Etat Civil : Divorcée
15th Avril 2020, 02:58
Revenir en haut Aller en bas
Eliott Eirik
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Parlez-moi de vous ft. Llewyn Oswell


Le rossignol pipeta pendant que la jeune femme aux cheveux flamboyants entrait dans la lumière. Eirik capturait du regard la grâce sauvage de cette silhouette tout en prenant place. Elle avait l'attrait d’une héroïne. Ils baignaient dans une atmosphère féérique. D’ailleurs, il venait au vieux poète les verres d’un romantique anglais. Il les gardait pour lui, ne voulant pas mettre cette jeune femme mal à l’aise. En tous les cas pas plus que nécessaire.

L’inquiétude sincère d’Oswell était judicieuse, sage. Elle témoignait d’un sens de la modestie tout comme d’un désir d'efficacité. Qualités que Mr Eirik recherchait chez chacun des employés. Il avait demandé son avis à Hector. Il avait également sondé les quelques hommes en contact avec Llewyn. Tous les avis étaient concordants.

Il prenait délicat la cuillère d’argent pour aller remuer le thé. Un sourire pacificateur vint tranquilliser la jeune femme:
« Non. Il n’y a rien à redire sur votre travail madame. » Pas une livraison en retard alors que les conditions étaient de plus en plus dure depuis la fin 2024. « Vous exécutez les contrats avec un zèle que j’apprécie. J’ai d’ailleurs exigé que cette excellence soit récompensée. » Une approbation qui serait observable lors de la prochaine rémunération.

Eirik était équitable en tout point. Il était un leader éclairé. Il ne faisait pas excès d’autorité ou d’intimidation. Raison qui rendait ses ires efficaces. Un travail bien fait devait être remarqué. C’était peu à peu, lentement, qu’une relation de confiance se tissait. Ce qui était d’autant plus complexe quand on évoluait dans les sphères les plus sombres de la société.

La cuillère posée de côté. Le Directeur portait la tasse à ses lèvres. Il était soigné et délicat:
« Je voulais connaître la femme derrière ce bon travail. Vous ne m’en voudrez pas trop de profiter de ma position, j’espère ? » La voix et le vocable étaient également très délicats. Il ressemblait à un homme du monde plus qu’à un mafieux. On l’imaginait mal manipuler des armes ou même se salir les mains. Pourtant, c’était bien lui la tête pensante d’un réseau de criminels international.

Un doux rayon de soleil venait éclairer la table. L’argenterie brillait de mille-feux. La modestie de la table cachait d'autant mieux, le pouvoir en présence dans ces murs:
« Connaître aussi vos perspectives d’avenir ? Quelles sont vos aspirations ? » La demande était simple et intéressée. Si Eliott était apprécié de beaucoup c’est parce qu’il était un homme sincère. Il méprisait la triche et la manipulation. Il usait donc de ces outils le moins souvent possible. D’ailleurs tout ceci n’était pas foncièrement contradictoire. Il voulait vraiment savoir devant qui il se trouvait.

code by EXORDIUM. | imgs by tumblr


Eliott Eirik
Eliott Eirik
FUCK THE LAW
Messages : 305
Date d'inscription : 29/04/2019
Localisation : Londres Rosemonde
Profession : Gérant d'Hôtel / Mafieu
Etat Civil : Veuf sans enfant
17th Avril 2020, 12:28
Revenir en haut Aller en bas
Llewyn Oswell

Llewyn ne savait pas faire de frais. Elle s’armait, depuis toujours, d’une franchise mordante, parfois désobligeante, qui lui avait souvent valu d’être remise à sa place à coups d’insultes ou de poing, et qu’elle recherchait désespérément chez les autres. Qu’elle forçait même, parfois, pour s’épargner les longues et impérieuses discussions futiles dont on aimait tant barder les conversations pour mieux faire passer une pilule. Malheureusement, enrober de sucre un cacheton avant de le lui enfoncer dans le gosier ne changeait rien au message. La rouquine était de toute manière plutôt salé.

Le temps d’un battement de cils, la jeune femme regretta d’avoir été si directe. Il y avait certainement un protocole à respecter lorsqu’on s’adressait à un homme aussi influent. Mais personne ne s’était donné la peine de l’en informer. Le guide qui l’avait menée à travers les artères de l’hôtel n’avait pas jugé bon lui apprendre l’étiquette. Une éducation différente de celle qu’elle avait reçue lui aurait certainement permis de connaître les codes hypocrites dont on devait bercer un supérieur hiérarchique. Mais Vina n’avait pas grandi dans un château, un titre de noblesse accolé à son nom. Quant à Cian, il aurait fallu qu’il ait transmis quoi que ce soit à ses enfants. Sa priorité n’avait jamais été là.

Inquiète, la gorge brièvement nouée, Llewyn contempla son interlocuteur dont les traits se réorganisaient. Une expression franche de calme illumina le visage de vieil homme, soulageant instantanément les épaules de la transporteuse.

« Non. Il n’y a rien à redire sur votre travail madame. »

Tant de politesse. l'expatriée n’était pas habituée à ce qu’on lui serve du Madame, en temps normal. Elle n’en fut qu’un peu plus déstabilisée. Tout dans l’attitude de son interlocuteur, de sa manière de se tenir à sa diction impeccable, témoignait le contrôle qu’il avait sur son environnement. Comme s’il tenait entre ses mains toutes les cartes d’un jeu dont il avait lui-même dicté les règles.

« Vous exécutez les contrats avec un zèle que j’apprécie. J’ai d’ailleurs exigé que cette excellence soit récompensée.
- Merci … »

Décontenancée, Llewyn noya son trouble dans une gorgée de thé si sucré qu’elle sentit son taux de cholestérol grimper en flèche. Au moins le goût herbacé du breuvage ne lui agrippa pas tant les papilles. Elle reposa la tasse dans un tintement de porcelaine et, les doigts toujours noués autour, releva le nez vers le maître des lieux dont l’expression rassérénante n’avait pas changé.
Les compliments étaient rares dans le milieu, si rares qu’ils étaient presque plus difficiles à avaler que les reproches. C’était qu’on n’était jamais bien sûr, quand on s’entendait dire quelque chose de positif, que la critique ne serait pas suivie d’un coup de massue bien placé.

« Je voulais connaître la femme derrière ce bon travail. Vous ne m’en voudrez pas trop de profiter de ma position, j’espère ? »

La rouquine hocha la tête de droite à gauche, ses longues mèches ondulant entre ses omoplates. Avait-elle seulement le choix ? Elle jeta furtivement un œil du côté de la porte par laquelle elle était entrée. Nulle trace du malabar qui l’avait accompagnée jusqu’ici, soit qu’il se planquait dans un couloir, soit qu’il était revenu sur ses pas. Était-elle libre de s’en aller si elle le voulait ? Pouvait-elle abréger les souffrances de son interlocuteur ? Le pauvre homme devait ignorer qu’il n’y avait rien de bien intéressant à raconter sur la femme derrière le volant.

« Connaître aussi vos perspectives d’avenir ? Quelles sont vos aspirations ?
- Mes perspectives d’avenir, répéta-t-elle en haussant si haut les sourcils qu’ils manquèrent se fondre dans sa chevelure. »

Le regard clair du sexagénaire la transperça de part en part avec une étrange violence. Llewyn sentit presque un abîme s’ouvrir sous ses pieds. Elle déglutit difficilement une gorgée de thé noyé de lait. Il y avait bien longtemps qu’on ne lui posait plus la question de ce à quoi elle aspirait. À bientôt trente ans, elle s’était crue débarrassée de cette problématique épineuse.
Eirik la ramena involontairement à Belfast, sur les bancs de l’école puis du collège, quand ses professeurs lui demandaient ce qu’elle voulait faire lorsqu’elle serait grande. Elle rétorquait, plus jeune, un grand sourire édenté flanqué sur les lèvres : astronaute, aventurière, gangster, danseuse ! Mais ses projets d’avenir changèrent, et elle s’était mise à répondre, à l’adolescence, qu’elle ferait ce qu’il faudrait pour mettre sa fratrie à l’abri. Cette version n’avait pas bougé depuis, cristallisée avec le départ de leur mère.

L’expatriée tritura doucement l’anse de sa tasse, ses yeux pâles rivés sur les petites ondes que chaque tapotement de doigt faisait naître à la surface du liquide. Elle haussa les épaules, passa finalement une main dans ses cheveux pour les plaquer en arrière, en vain. Ses mèches rouillées, indociles, revinrent encadrer son visage.

« Vous allez être déçu. Je n’ai pas de grand plan d’avenir, d’idée révolutionnaire ou de projet d’entreprise à monter pour faire fortune. Je veux simplement que ma famille se porte bien. Elle eut un sourire contrit, navrée de n’avoir rien de plus pertinemment à offrir au directeur de l’hôtel. Et peut-être acheter un camion un jour, ce serait beaucoup plus facile, ajouta-t-elle en battant indolemment l’air d’un moulinet du poignet. Et vous ? Une retraite au soleil à l’horizon ? »

Une lueur mutine passa dans son regard.
CODE BY ÐVÆLING
Llewyn Oswell
Llewyn Oswell
FUCK THE LAW
Messages : 58
Date d'inscription : 05/04/2020
Profession : Chauffeur-routier, transporteuse
Etat Civil : Divorcée
3rd Mai 2020, 02:18
Revenir en haut Aller en bas
Eliott Eirik
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Parlez-moi de vous ft. Llewyn Oswell


Avec un brin d'imagination et un peu de fantaisie à l'esprit, il était possible de voir en cette jeune Irlandaise, un peu de Dame Eirik. Il n'y avait qu'à la voir dans une robe saillante et les beaux cheveux relevés sur la nuque. Le vieux veuf prenait conscience, de cette ressemblance, tandis que Llewyn évoluait devant lui. Elle était aussi vive dans ses expressions et aussi charmante dans sa confusion. Peut-être était aussi cela, au fond, qui le conduisait à l'approcher. Il était si doux de retrouver ne serait-ce que le mirage de son adorée.

Eliott scrutait ce minois désolé avec un élan d'affection paternel, qu'il cachait de son mieux, derrière un sourire :
« J'entends pourtant l'un des plus beau projet de vie qui soit. »
L'ambition n'était pas plus intéressante parce qu'elle était grande. Elle était intéressante quand elle amenait un individu à se dépasser, à montrer ses aptitudes, son potentiel. Il n'y avait pas de doute possible que la seule ambition de Miss Oswell était également la seule à pouvoir la révéler à elle-même.

Le directeur passait donc sur la recherche d'un poids lourd. C'était pour ainsi dire une contingence. L'affaire pouvait être réglée en deux minutes. Le Réseau avait un pied dans toutes les industries du monde. L'automobile était une filière où investir d'autant qu'il fallait préparer un monde sans le pétrole. Le Norvégien croyait très peu aux batteries électriques dont la production et la destruction créaient autant, si ce n'est plus de soucis, que les modèles actuels. Pour lui, la vie, tout comme l'avenir seraient avec l'eau douce. Il pouvait d'ailleurs apporter de larges contribution pour la recherche dans ce domaine et ne s'en privait pas.

Il se concentra pour l'instant sur le cœur de la fille aux cheveux de feu:
« Vous avez un frère et une sœur. » Continuait le sage comme pour nourrir une conservation qu'il menait avec sa douceur coutumière. Il aimait savoir quelle était la situation personnelle des employés. Cela en disait beaucoup sur l'individu et donc sur sa capacité à œuvrer. Il savait donc que la cadette étudiait à Saint Thomas et que le garçon fricotait avec les souterrains de Londres. « Comment vont-ils ? » Il n'attendait pas une réponse plate mais s'en contiendrait probablement, pour ne pas l'échauder.

Bien entendu, toutes les familles d'origines irlandaises avaient fait l'objet d'une enquête après l'attentat à la bombe. Mr Eirik avait été personnellement visé par les détracteurs. La famille de la jeune femme avait rapidement été écartée des suspects. Ils n'avaient aucune affiliation directe avec le kamikaze, ce qu'ils savaient tous deux. Pourtant, il n'aurait pas été neutre de savoir ce que pensait cette immigrée d'un acte revendicatif aussi direct.

« Londres n'est pas la plus tendre avec ceux qui la choisisse n'est-ce pas ? » C'était une petite rhétorique facile pour pousser la demoiselle à faire acte de confession. Lui même, après deux années à siéger au Rosewood se retrouvait épuisé par la tâche.

Eliott avait rarement autant donné de sa personne pour l'exercice de ses fonctions. Il trouvait donc très à propos la curiosité de son interlocutrice. Elle n'avait pas idée comme la question de la retraite était au centre des préoccupations du Directeur. Si Jack l'Eventreur avait été retrouvé, voilà longtemps que la question ne se poserait plus.
« En fait, je préfère le froid. » Il avait une dérision au fond du regard. Si Madrid était planifiée, ce n'était guère pour sa chaleur, mais pour ses enjeux internes. Voilà une autre citée dont laquelle les cartels faisaient bien souvent n'importe quoi. « Le problème, n'est pas tant de trouver un lieu, qu'un moment. » A entendre les médecins Eliott aurait dûe quitter ses fonctions depuis bien trois ou quatre ans. Malheureusement, le climat actuel en Angleterre, comme ailleurs, le maintenait sur ce trône de fer. Quelle ironie pour un homme qui ce serait volontiers fait homme de lettres plutôt que prince de la nuit. « Une suggestion ? Pour le lieu. Je ne sais pas me décider. »

code by EXORDIUM. | imgs by tumblr


Eliott Eirik
Eliott Eirik
FUCK THE LAW
Messages : 305
Date d'inscription : 29/04/2019
Localisation : Londres Rosemonde
Profession : Gérant d'Hôtel / Mafieu
Etat Civil : Veuf sans enfant
5th Mai 2020, 08:39
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Sauter vers: