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Enquête, thérapie et jeu de rôle [Pv : Llewyn]
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Llewyn Oswell

Quelques mois ? Quelques semaines suffiraient, en réalité. Avec sa manie terrible de foncer tête baissée et de se précipiter dans ses relations en brûlant les étapes, Llewyn n’avait pas besoin de plus de quinze jours pour qu’un homme grimpe l’échelle de ses priorités. Dieu qu’elle aurait aimé que l’âge et l’expérience lui apprennent à se freiner, à ne pas se laisser mener par son cœur et son impulsivité. Mais vingt-neuf ans, un divorce et une poignée de relations plus catastrophiques les unes que les autres prouvaient toujours et encore qu’elle ne savait pas prendre son temps. Un jour, peut-être, parviendrait-elle à se montrer patiente. Quand elle serait vieille et aigrie, que son palpitant serait tant abîmé par les échecs qu’il ne parviendrait même plus à battre correctement. Qu'elle n'aurait plus envie de rien, ni de personne.

« Wah, je n'en demande pas tant. Mais tu as raison, j'étais prévenu ! Excuse mon obstination. Et merci pour, la dégustation de ma calzone devant la télé.
- On remet ça quand tu veux, pouffa-t-elle, plus mordante que jamais. »

S’il espérait la faire culpabiliser, c’était raté. La rouquine ne se laissait pas amadouer si facilement, encore moins manipuler avec tant d’aisance. Qu’y pouvait-elle donc, s’il terminait la soirée en tête à tête avec son téléviseur et une tentative ratée d’établir un partenariat qui n’aurait arrangé que lui ? L’ancien avocat aurait à revoir ses méthodes s’il espérait se montrer plus persuasif à l’avenir.

Il sembla hésiter un instant, sa cigarette coincée au coin des lèvres. Le regard clair de la jeune femme se perdit un instant dans le sien avant qu’il ne fasse quelques pas vers sa Harley.

« ... à la prochaine alors ? »

Son palpitant eut un sursaut douloureux qui chargea un rien de courage dans ses veines. La coursière pivota légèrement sur ses talons pour faire face à son interlocuteur et lâcha, trop vite pour le réaliser :

« Je serai là demain ... »

Llewyn regretta presque aussitôt les paroles prononcées. Mais il était trop tard pour faire marche arrière à présent, trop tard pour tenter de les rattraper et les effacer. Aussi impulsive qu’elle était, elle ne revenait que rarement sur ses engagements ; et changer d’avis à présent ne la ferait que passer pour une enfant capricieuse et instable. La rouquine fronça les sourcils en maudissant silencieusement sa faiblesse. Elle tapota nerveusement le cul de sa cigarette pour la débarrasser de ses cendres et ficha ce qu'il en restait entre ses lippes. Elle claqua immédiatement, avant que l’enquêteur ne puisse prendre la parole ou sauter de joie :

« À une condition ! Tu me devras une faveur. Appelle ça un échange de bon procédés : je sauve ton affaire contre la moitié de tes honoraires, et en retour, le jour où je te demanderai de faire quelque chose pour moi, tu le feras. Sans poser de question. Que ça te prenne une heure ou un mois. Elle haussa un sourcil pour s’assurer qu’il avait bien saisi sa part du contrat. Deal ? »

Le marché était désavantageux pour Vaughan, mais elle ne comptait pas revoir ses exigences à la baisse. L’argent qu’il lui avait proposé aurait amplement suffi. Pour autant, Llewyn comptait tirer avantage au mieux de la situation, puisqu’elle allait à l’encontre de ses habitudes, non qu’elle appréciait qu’on lui soit redevable ; plutôt qu’elle avait appris, par la force des choses, qu’il était toujours bien utile d’avoir dans ses contacts une personne qui vous devait un service. Surtout lorsque la personne en question ne fréquentait pas le même cercle social ou professionnel. Les ressources, les contacts, le réseau étaient différents.
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Llewyn Oswell
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3rd Juin 2020, 18:43
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Andrea Vaughan

Enquête, thérapie et jeu de rôle
Llewyn & Andrea
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Je m'apprête à partir. Parce qu'il est l'heure de mettre fin à ce repas en tête à tête qui n'a jamais commencé, je vais partir car Oz campe sur ses positions et que je sais ses arguments irréfutables. Je pars, parce que son refus me déçoit autant qu'il me rassure. Je veux partir parce que finalement, cette irlandaise, l'enquête et mon imagination ne font pas bon ménage.
Je crains de comprendre pourquoi je tenais tant à ce qu'elle participe à l'entretien. Oh il y a bien cette voix de la prétendue raison qui m'assure que je ne suis pas si faible ni tordu...

Mais Oz me plaît et non seulement j’ai foiré sévère sur le plan professionnel du truc, mais j'ai probablement mis un terme à la pseudo entente qui se développait.
Pressentiment, appréhension. Sixième sens... on ne se verra plus et c'est mieux. Elle représente surtout du danger, autant dire que je n'ai pas besoin ni envie de faire grossir la liste de mes ennuis ; nous n'avons rien à faire ensemble, il faut sérieusement que je revois mes relations et la manière dont je les gâche.

« Je serai là demain ... »

Et voilà que mes suppositions volent en éclat. Non seulement je vais la revoir, mais ce sera très prochainement. Quelques heures à peine.
Hm, je n'ai jamais eu de pouvoirs divinatoire avec ces dames. Ce soir comme souvent je suis à côté de la plaque vis-à-vis de leurs ressentis. L'argent promis a fini par produire l'effet escompté... Bien que la maline accroche à ma cheville un nouveau boulet.

« À une condition ! [...] Deal ? »

Si ma tactique est folle et la mission périlleuse, ses conditions sont beaucoup trop désavantageuses pour moi. Elle se fout de moi ! Lui confier ma vie reviendrait au même ! Je reste muet un instant et fixe ses lippes ravageuses, celles qui sans avoir besoin d'articuler quoique ce soit pourraient me faire accepter n'importe quel contrat.

Deux des familles les plus malvenues de la belle Londres m'ont à leurs bottes. Je sais la bêtise, je ressens la crainte.
Mais je souris.

" Deal. Alors à demain, honey ! "

J'enfile mon casque pour masquer cet air trop enjoué. L'adrénaline, c'est dangereux. Les rousses, ça fout la merde. Les deux font un cocktail Molotov dans mes idées.
Pas un mot de plus, seul le ronronnement de la Harley pour dire au revoir et les instructions seront envoyées par SMS. Ce ne sera pas la première fois qu'on se donne rendez-vous de cette façon. Ce sera même la trois ou quatrième si n'm'abuse.

Contre toute attente, on prend nos habitudes.
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Andrea Vaughan
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7th Juin 2020, 13:35
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Llewyn Oswell

Le cerveau de la jeune femme bouillonnait déjà de toutes les possibilités que cette demande abusive permettraient. Affilié aux Italiens, enquêteur, ancien membre du Barreau… Les casquettes empilées sur le crâne de son interlocuteur avaient chacune leur avantage, mais, sans grand étonnement, peut-être parce qu’une partie de ses pensées était tournée en permanence vers Ailbhe et son avocat, la rouquine songea que l’ancienne profession de Vaughan avait plus d’intérêt que le reste.

Le brun sembla jauger sévèrement le marché. Ses sourcils froncés et son regard dur, l’espace d’un instant, suffirent à convaincre Llewyn qu’elle en avait trop demandé. Lui qui avait désespérément besoin de son aide pour son enquête devait déjà considérer les autres options qu’il avait - c’était dire les autres demoiselles sacrifiables dans son carnet de contacts. Il devait bien avoir un plan de secours en tête.
Contre toute attente, l’Anglais accepta, décrochant brièvement la mâchoire de l’expatriée qui la referma sur son dernier mot. Elle leva les yeux au ciel en secouant la tête, un sourire vaporeux aux lèvres. Il devait être sincèrement désespéré par cette enquête pour ne pas rechigner, ne pas même chercher à renégocier l’offre. Une fraction de seconde, elle se demanda s’il n’était pas personnellement impliqué dans cette histoire. Connaissait-il la famille ? L’un des disparus ? N’était-il motivé que par l’argent ? Si tel était le cas, quel intérêt avait-il à sacrifier la moitié de ses honoraires ? Les questions se pressèrent derrière le front taché d’orange de l’Irlandaise qui n’eut cependant pas la chance de les prononcer à haute voix. Déjà le détective filait, sans doute pour ne pas lui laisser l’opportunité de revenir sur sa décision.

Llewyn ne s’éternisa pas davantage, faisant vrombir à son tour le moteur de sa Norton pour retourner vers Hackney. Sur le chemin, elle sentit son téléphone vibrer comme elle recevait toutes les informations pour le lendemain.

*

Cinq minutes de retard. Pour le moment. La transporteuse eut une moue contrariée en entendant une voix masculine annoncer que la rame de métro ne repartirait pas immédiatement. Elle poussa un soupir silencieux et pianota un message à l’attention de son compagnon pour lui signaler qu’il aurait à l’attendre. S’il n’avait pas encore trouvé le sujet de discorde qui les menait chez le conseiller conjugal, il pourrait signaler celui-là : la ponctualité. Llewyn ne l’était de toute manière jamais dans sa vie privée. Il n’y avait qu’au travail qu’elle se présentait à l’heure. Et à l’heure pile.
Même en partant dix minutes plus tôt ce matin, elle parvenait à rater son rendez-vous. À croire que l’univers refusait qu’elle rende service à l’enquêteur. Si elle avait été plus superstitieuse et moins inquiétée par son retard que cela, la jeune femme aurait interprété les signes qui cherchaient à lui dire de rester loin de Vaughan. Entre l’eau glaciale de la douche, la cafetière qui lui échappait des mains, les collants filés, la charrette du voisin parquée devant l’allée qui l’empêchait de sortir sa voiture, et le métro qui faisait des siennes à présent … Dieu savait qu’il y avait matière à voir les feux de détresse de l’univers. Mais l’expatriée, parce qu’elle n’avait pas les yeux en face des trous ou qu’elle s’obstinait à n’en faire qu’à sa tête, n’y prêtait guère attention. Tout ce qu’elle savait, c’était que les minutes passées dans l’Underground représentaient des secondes de mise au point en moins avant de se lancer dans leur supercherie.

La rame repartit finalement pour cracher l’Irlandaise trois stations plus loin. Elle pressa le pas, slaloma entre les utilisateurs trop lents qui n’avaient visiblement pas un rencard dix minutes plus tôt, gravit les marches deux par deux et se fit accueillir par un soleil aveuglant qui ne manqua pas de l’éblouir. Llewyn jeta ses lunettes de soleil sur son nez avant de s’enfoncer dans les rues londoniennes pour trouver le café où l’enquêteur l’attendait. Il fallut cinq minutes à grandes enjambées - aussi grandes que ses bottines à talons le permettaient - jusqu’à ce que l’enseigne de l’établissement se dessine à l’horizon. Elle ralentit l’allure à quelques mètres de l’arrivée et essaya de calmer sa respiration tant bien que mal. Ses joues étaient cependant encore mordues de rouge quand elle entra, et sa poitrine se soulevait de manière saccadée.

« Dis-moi tout, lança-t-elle sans plus attendre en se laissant tomber, tornade, dans le fauteuil en face du brun. Depuis quand est-ce qu’on se voit ? Elle posa son sac à ses pieds, plaqua ses cheveux vers l’arrière, abandonna ses verres teintés dans un coin de la table et lissa machinalement le tissu sombre de sa robe ample. Qu’est-ce qui ne va pas entre nous ? Tu t’es présenté sous quel nom ? »

La rousse fit signe au serveur qui passait par là. Quand elle eut fini de s’affairer, et avant que l'homme n'arrive, elle porta enfin ses yeux clairs vers Vaughan. Elle retrouva ses manières en murmurant, charmante avec sa voix rayée :

« Bonjour. »
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14th Juin 2020, 01:00
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Andrea Vaughan

Enquête, thérapie et jeu de rôle
Llewyn & Andrea
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Je peux évoquer son manque de ponctualité, pourtant ce défaut ne m'avait pas sauté aux yeux jusqu'à présent. Le travail que Oz effectue pour la mafia des rouquins paraît de bonne qualité. Elle était présente au bon moment, à l'heure exacte - voire judicieusement anticipée - quand il a fallut que je remette mes informations.

Difficile de ne pas imaginer qu'elle a finalement renoncé à notre mission. Je jette un autre regard à ma montre bien que les secondes n'ont pas avancé de dix cliquetis, puis mes yeux cherchent un sablier plus rapide en se jetant sur l'horloge de l'établissement. Mon café encore bouillant est à un peine servi, les minutes s'égrainent lentement, je ne peux pas déjà la condamner.
N'empêche, qu'elle se bouge.

En attendant que ma compagne d'un rendez-vous daigne se pointer, je tente de trouver d'autres prétextes. Nous devons jouer un couple si ce n'est en désaccord total, au moins chagriné par certains points. En conflit, peut être, mais pas au bord de la rupture. Plutôt l'entre deux. Un amour assez jeune pour être prometteur et fardé de rêves, des amants motivés par l'idée d'être enfin casé, relativement passionnés, encore assez secrets ; de ceux qui veulent un avis extérieur, "professionnel", pour y voir plus clair à l'approche d'un nouveau tournant. D'un peu plus d'engagement.
Je trouve ça illogique à souhait, mais que voulez-vous ! Je suis loin d'être un expert... ma dernière relation sérieuse a duré plusieurs années et pourtant, elle est irrémédiablement terminée.

On n'est sans doute pas fait pour vivre avec une seule personne, t'façon.

La porte s'ouvre sur un courant d'air aux parfums irlandais. Je pose mon regard sur la silhouette éméchée de ma chère et tendre alors qu'elle s'amène, tempête rousse à laquelle je commence à m'habituer.

« Dis-moi tout, [...] Depuis quand est-ce qu’on se voit ? [...] Qu’est-ce qui ne va pas entre nous ? Tu t’es présenté sous quel nom ? »

Je m'accorde une seconde pour apprécier ses yeux dévoilés, puis hausse les épaules tandis qu'elle me salue - enfin.

" 'jour ! Eh bien on devait fêter notre première année il y a moins d'une semaine mais comme tu as oublié, j'ai préféré prendre rendez-vous avec le fameux psy. "

Un sourire anormalement enjoué barre mon visage. Il faut que je reste concentré, appliqué dans mon rôle, l'objectif en ligne de mire. J'ai déjà joué la comédie pour une enquête, parfois sur plusieurs jours d'affilé à exercer un métier différent du mien. Pourquoi cette nervosité ? Ou est-ce de l'amusement ?
La détresse de mes clients, les parents du disparu, me rappelle vite à l'ordre.

" ... On peut inventer pas mal de discordes mais honnêtement, je pense que le mieux c'est justement de ne pas être préparé. Ne t'en fais pas, j'ai pleins de reproches à te faire ! Quant à toi, tu "subis" ce rendez-vous que j'impose, car je suis désespéré par ton attitude. " J'attrape mon café et le porte à mes lèvres, ralentissant mon geste pour ajouter avec évidence : " Mais je t'aime."

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Hier à 20:35
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Llewyn Oswell

Une seconde passa dans un silence religieux qui lui fit légèrement froncer les sourcils. Un sourire vaporeux se peignit doucement sur les lèvres tachetées de l’Irlandaise alors qu’elle attendait qu’il réponde, qu’il prenne la parole pour mettre fin à cet instant de flottement peu naturel. Était-il surpris de la voir ? Elle lui avait dit qu’elle serait en retard, pourtant, non qu’elle avait changé d’avis et préférait finalement rester chez elle.

Ses orbes clairs accrochèrent les détails de son visage. Ils ne s’étaient jamais vus en journée, leur activités se prêtant davantage à un écrin nocturne. Llewyn, si visible sous le soleil avec ses cheveux flamboyants, ses éphélides repérables à des kilomètres, sa peau trop pâle crevée d’encre, se faisait instantanément plus discrète à la nuit tombée. Et le détective, avec ses airs de grand brun ténébreux, épousait parfaitement les ombres lui aussi. La rouquine trouva ses traits plus marqués sous cet éclairage, ses yeux plus sombres, sa voix à peine moins grave quand il commença :

« 'jour ! Eh bien on devait fêter notre première année il y a moins d'une semaine mais comme tu as oublié … »

Elle poussa un soupir à mi-chemin entre l’amusement et l’exaspération. Elle serait donc cette compagne-là ?

« J'ai préféré prendre rendez-vous avec le fameux psy. »

La poitrine de la jeune femme se souleva doucement alors qu’elle inspirait. Elle haussa les épaules, tenta de rentrer au mieux dans un personnage qu’elle ne connaissait pas et lâcha, mordante :

« Je ne te pensais pas du genre à garder une date en tête, mais soit. »

Un sourire franc passa sur les lippes du quadragénaire. Il lui fallut une fraction de seconde pour se reconcentrer et l'effacer, au grand désespoir de la rouquine qui le trouvait étrangement plus agréable lorsqu’il souriait. Vaughan perdait bien du temps à lui offrir des rictus charmeurs, elle commençait à s’y habituer. Se sentait-elle flattée chaque fois qu’il lui en servait un ? Agacée ? Elle ne doutait pas une seule seconde qu’il ne les économisait pas lorsqu’une femme un minimum attirante se présentait sous ses yeux.

« ... On peut inventer pas mal de discordes mais honnêtement, je pense que le mieux c'est justement de ne pas être préparé. Ne t'en fais pas, j'ai pleins de reproches à te faire ! Quant à toi, tu "subis" ce rendez-vous que j'impose, car je suis désespéré par ton attitude. »

Llewyn opina du chef, enregistrant bien les informations, une boule de nervosité se nouant dans sa gorge. Ne lui avait-elle pas précisé qu’elle était mauvaise actrice ? Incapable d’improviser quoi que ce soit ? Comment diable espérait-il qu’elle parvienne à vendre l’illusion d’un couple battant de l’aile s’il ne lui donnait pas un peu plus de matière ?
Elle s’apprêtait à l’assommer de questions quand il approcha sa tasse de café de ses lèvres. Il souffla doucement, comme une évidence à laquelle elle ne s’attendait pas :

« Mais je t'aime. »

Le palpitant de la transporteuse manqua douloureusement, froidement, un battement. Un éclair de surprise fila dans ses yeux pâles. Était-ce donc si facile de mentir sur ce point ? De cracher à une parfaite inconnue ces quelques mots, affreusement importants, pour le besoin d’une enquête ? L’enquêteur ne devait pas s’attendre à les entendre dans sa bouche.

« J’espère bien, rétorqua-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu. »

Un an de relation, sans sentiments ? Elle ne parvenait pas à l’imaginer, elle qui s’emballait si vite, qui tombait amoureuse rapidement - ce n’était pas dire facilement pour autant. Elle se souvenait n’avoir pas retenu son palpitant plus de quarante-huit heures avant de le laisser à Russell. Elle n’avait jamais regretté, quoiqu’elle ait souvent blâmé son manque de patience pour l’issue de leur relation. Les choses se seraient probablement déroulées différemment entre eux s’ils n’avaient pas grillé les étapes. S’ils ne s’étaient pas mariés si jeunes. Si. Elle aurait refait leur monde avec des si.

La coursière détourna le regard pour le porter vers le serveur qui s’approchait enfin. Llewyn demanda un café noir, long. Pas de sucre, pas de lait, rien qu’une dose de caféine pour rendre à son sang le coup de fouet qui lui manquait cruellement à cet instant précis. L’homme, avant de s’en aller, s’inquiéta du niveau dans la tasse de Vaughan, lui demanda s’il souhaitait autre chose et s’enfuit préparer la commande.

« J’imagine qu’on vit ensemble ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Qu’est-ce que je fais ? Dresse-moi le portrait de ta femme idéale, que je puisse le ruiner. »

Elle était moins attachée que le personnage de l’Anglais, c’était déjà évident. On n’oubliait pas si facilement une date d’anniversaire, à moins d’avoir un emploi tellement prenant qu’on en perdait toute notion du temps. Mais la rousse n’avait pas vraiment le physique d’une femme d’affaires, d’une courtière, d’une socialite, d’une Castelli. Cette gonzesse-là lui paraissait toujours débordée, et pourtant anormalement maîtresse de son temps. Elle ne lui connaissait pas de famille et ne l’imaginait pas réellement en avoir une. Seule sa carrière semblait compter.

« Tu m’as trouvé un prénom ? »

L’expatriée posa son coude sur la table et sa joue contre son poing. À moins qu’il se soit amusé à chercher des informations sur elle, ce dont elle doutait fort, quoique la plaque d’immatriculation de sa moto et son numéro de téléphone devaient certainement permettre de lever le mystère sur son identité, son interlocuteur n’avait toujours qu’un pseudonyme par lequel l’appeler. Et encore, elle n’avait pas précisé s’il s’agissait d’un surnom, d’un alias, d’un diminutif, ou de son vrai prénom - les goûts de Vina et Cian étaient discutables. Elle se demandait quel nom lui venait immédiatement en tête quand il la voyait.
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